Un nationaliste corse acquitté du dernier assassinat revendiqué par le FLNC

Principal accusé à comparaître devant la Cour d\'Assises spécialement composée de Paris : Cédric Courbey, militant de Corsica Libera, a été acquitté, jeudi 4 juillet 2019. 
Principal accusé à comparaître devant la Cour d'Assises spécialement composée de Paris : Cédric Courbey, militant de Corsica Libera, a été acquitté, jeudi 4 juillet 2019.  (FRANCE 3 CORSE VIA STELLA)

La cour d'assises spécialement composée de Paris a acquitté Cédric Courbey de l'assassinat de Christian Leoni, mais l'a reconnu coupable d'association de malfaiteurs. 

L'assassinat en 2011 en Haute-Corse d'un chef d'entreprise membre de la "Brise de mer" est le dernier revendiqué par le FLNC. Jeudi 4 juillet, la cour d'assises spéciale de Paris a acquitté de ce crime Cédric Courbey, un nationaliste corse de 45 ans, contre qui la perpétuité avait été requise. Ce dernier a toujours nié l'assassinat.

Plus tôt dans la journée, l'avocat général Guillaume Portenseigne avait réclamé la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de 22 ans. Il a toutefois été condamné à douze ans d'emprisonnement pour association de malfaiteurs et détention d'armes en récidive légale. La cour a ordonné son interdiction de détenir une arme pendant dix ans et son inscription au fichier judiciaire national automatisé des auteurs d'infractions terroristes (Fijait), liste France 3 Corse Via-Stella.

Le procès de cet assassinat se tenait tout juste cinq ans après l'annonce par le Front de libération nationale de la Corse (FLNC) qu'il déposait les armes, au terme de quatre décennies marquées par plus de 4 500 attentats revendiqués.

Une trace ADN et un mobile "personnel"

Pour l'accusation, l'accusé était bien l'un des membres du commando ayant abattu par balles Christian Leoni le 28 octobre 2011, à sa sortie d'un restaurant de la station balnéaire de Moriani-Plage, au sud de Bastia. Un mois plus tard, le FLNC s'était arrogé cette "élimination physique" dans un communiqué, qualifiée d'"acte de justice" en réponse à l'assassinat en juin de la même année d'un de ses militants, Charles-Philippe Paoli. 

La découverte d'une trace ADN appartenant à Cédric Courbey, sur un branchage situé sur le plausible chemin de fuite des tueurs, était la "pièce maîtresse" de l'accusation. Or, cette empreinte génétique "n'est pas datable" et aurait pu être laissée des semaines plus tôt, avait plaidé l'un des quatre avocats de Cédric Courbey, Eric Barbolosi, critiquant un dossier "fragile".

Outre cet ADN trouvé près des lieux du crime, l'avocat général avait mis à la charge de Cédric Courbey son appartenance au FLNC, non revendiquée mais qui ne fait "aucun doute" au vu de ses précédentes condamnations pour des faits de terrorisme, et sa grande proximité avec Charles-Philippe Paoli. La "rumeur publique" désignait Christian Leoni comme son assassin et Cédric Courbey avait un mobile "personnel" pour le tuer.

L'accusé avait par ailleurs "disparu des écrans radar" fin 2011, jusqu'à son interpellation en avril 2014 dans un gîte de Corse du Sud, et n'avait fourni que très tardivement un alibi "sorti du chapeau", avait considéré le représentant de l'accusation.Autant d'éléments balayés par la défense : d'autres proches de Charles-Philippe Paoli, qui étaient également "en retrait de la vie sociale" et qui ont été mis en cause par des renseignements anonymes, n'ont pas été poursuivis par les juges, avait argumenté Me Christian Saint-Palais, plaidant l'acquittement de Cédric Courbey.

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