Meurtre de Kévin à Mourmelon-le-Grand : le principal suspect "est atterré", "ce n'est que souffrance"

Une perquisition a lieu le 4 juin 2018 à Mourmelon-le-Grand (Marne), au domicile d\'un suspect du meurtre de Kévin.
Une perquisition a lieu le 4 juin 2018 à Mourmelon-le-Grand (Marne), au domicile d'un suspect du meurtre de Kévin. (MAXPPP)

Mourad Benkoussa, avocat du principal suspect du meurtre de Kévin dans un parc de Mourmelon-le-Grand (Marne), a expliqué, vendredi sur franceinfo, que "c'est un gamin de 17 ans qui a donné la mort à un autre gamin, qui est dans le regret aujourd'hui".

"Il faut prendre le temps du deuil", a déclaré, vendredi 8 juin sur franceinfo, l'avocat du principal suspect du meurtre de Kévin, 17 ans, tué samedi dans un parc de Mourmelon-le-Grand dans la Marne et donc les obsèques ont lieu vendredi. "Mon client est atterré", a commenté maître Mourad Benkoussa, "ce n'est que souffrance" pour lui et sa famille. Son client, un adolescent de 17 ans, est mis en examen pour assassinat et placé en détention provisoire, ainsi que la petite amie de la victime.

franceinfo : Pourquoi reste-t-il autant de zones d'ombre dans cette affaire ?

Mourad Benkoussa : Mon client fait l'objet d'une enquête et d'une instruction. L'instruction en France, ça dure entre 18 et 24 mois en général. Je trouve qu'on est sur une affaire qui fait l'objet d'une médiatisation un peu exceptionnelle, certainement liée à la communication que fait monsieur le procureur de la République dans ce dossier, qui est légale dans la mesure où on a eu, à l'origine, plein de questions sur les conditions dans lesquelles ces faits se sont commis. Je pense qu'il faut prendre le temps de la justice et ne pas se poser de questions de manière précipitée.

Votre client a avoué les faits cependant

Ce qui ressort de ce dossier, c'est que mon client a assumé sa responsabilité dès la garde à vue, certainement pas quand on lui aurait montré des indices graves ou des preuves, comme ça a été dit par le procureur de la République. Mon client, à un moment donné, a décidé de s'expliquer et de livrer le récit de ce qui s'est passé aux gendarmes. Ça me semble extrêmement important de le mettre en avant, de relativiser ce qui a été invoqué par le procureur de la République qui dit que c'est acculé, face aux preuves, qu'il a fini par craquer, mais ce n'est pas ça. C'est un gamin de 17 ans qui a donné la mort à un autre gamin, qui est dans le regret aujourd'hui et qui fait l'objet d'une enquête, qui a indiqué aux juges qu'il était d'accord pour aller en détention parce qu'il le comprenait et qui demande des soins en urgence.

Dans quel état d'esprit est-il aujourd'hui ?

Mon client est atterré. Cette journée d'avant-hier [mercredi] où tout le monde était présent, les parents de mon client, les parents de l'autre gamine, tout le monde est atterré dans ce dossier, ce n'est que souffrance. Je pense qu'il faut prendre le temps du deuil. Aujourd'hui, il y a des obsèques, c'est jour de deuil. Mais, il faut que cela soit aussi le respect du temps judiciaire. Il faut qu'on calme cette frénésie, il faut laisser le juge d'instruction parce que c'est lui qui travaille actuellement, ce n'est plus le procureur de la République.

À l'origine de ce drame, c'est une histoire d'amour, un triangle amoureux ?

Ça, ce sont des phrases toutes faites qui marchent bien pour la presse. On est sur un dossier où sont impliqués des mineurs, des adolescents. On connaît tous la période un peu trouble que peut être cette période de la vie de quelqu'un. C'est un dossier dans lequel les expertises psychologiques et psychiatriques auront un intérêt majeur. Faire état de fait précis comme ça l'a été jusqu'alors, ce n'est pas suffisant. C'est pour ça que je ne vais pas parler du factuel aux journalistes, je ne le dirai qu'au juge ou bien mon client s'expliquera qu'avec le juge sur ce point. Moi, je ne suis pas psychiatre, le procureur de la République ne l'est pas plus et le juge encore moins.

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