"Petite martyre de l'A10" : le père de la fillette remis en liberté par la cour d'appel d'Orléans

Dans le cimetière de Suèvres (Loir-et-Cher), la tombe de la petite Inass, retrouvée morte sur les bords de l\'A10 le 11 août 1987. Il a fallu attendre 31 ans pour connaître son prénom.
Dans le cimetière de Suèvres (Loir-et-Cher), la tombe de la petite Inass, retrouvée morte sur les bords de l'A10 le 11 août 1987. Il a fallu attendre 31 ans pour connaître son prénom. (MAXPPP)

En détention provisoire depuis un an, le père de la fillette retrouvée morte en 1987 au bord de l'A10 vient d'être remis en liberté et placé sous contrôle judiciaire.

Ahmed Touloub, le père de la "petite martyre de l'A10" a été libéré jeudi 13 juin après une décision de la chambre d'instruction de la cour d'appel d'Orléans, révèle France Bleu Orléans. Le corps de la fillette a été retrouvé en 1987 au bord de l'autoroute, et son père, identifié grâce à l'ADN, a été arrêté le 14 juin 2018 avec son ex-femme.

Cette remise en liberté "est une décision courageuse de la chambre d'instruction de la cour d'appel d'Orléans", estime Maître Franck Berton, avocat d'Ahmed Touloub. Cet homme de 67 ans avait été interpellé plus de trente ans après la découverte du corps sans vie de sa fille Inass, dans un fossé au bord de l'autoroute A10 à Suèvres, près de Blois. Lui et son ex-femme ont été identifiés après une longue enquête de la gendarmerie. Le père a reconnu, dès le début de sa garde à vue, avoir abandonné le corps de la fillette sur la route des vacances.

Un père qui nie toujours avoir tué sa fille

Le père de la fillette vient d'être libéré à la suite d'une deuxième demande de remise en liberté, et ce malgré l'opposition du parquet qui demandait son maintien en détention. Ahmed Touloub a toujours nié avoir tué sa fille, dont le corps présentait de très nombreuses et anciennes traces de coups au moment de sa découverte en août 1987. Cette affaire avait suscité une très vive émotion à l'époque, et la fillette avait été baptisée "l'inconnue ou la martyre de l'A10".  Personne n'avait alors pu l'identifier, malgré les efforts des enquêteurs. Il a fallu attendre 31 ans pour connaître son prénom.

Maître Franck Berton se dit satisfait : "L'instruction a eu le temps d'avancer et on approche de la fin, c'est donc une décision logique. Une décision courageuse, aussi, car la chambre d'instruction de la cour d'appel d'Orléans rappelle qu'en droit, le principe c'est la liberté, et la détention est l'exception."

La mère de la fillette reste en détention

Maître Berton indique que le père de la petite martyre de l'A10 a quitté la maison d'arrêt de Blois mercredi après-midi et que "ses enfants sont venus le chercher". "C'est quelqu’un d'âgé et de très malade, il a encore fait des examens médicaux il y a quelques jours", explique l'avocat. L'ex-femme d'Ahmed Touloub, Halima El Bakhti, reste en revanche en détention. Elle aussi nie avoir tué sa fille.

Vous êtes à nouveau en ligne