Madagascar : vague d'arrestations après le lynchage de deux Français

(Preneron Sipa)

Les forces de l'ordre malgaches ont arrêté 19 personnes vendredi et samedi sur l'île touristique de Nosy Be. Elles sont soupçonnées d'avoir participé au lynchage de trois hommes, dont un Français et un Franco-italien, mercredi dernier. Les victimes étaient suspectées par la foule d'avoir commis le meurtre d'un enfant de huit ans et de pédophilie.

Au lendemain d'un couvre-feu imposé par les autorités
locales; près de 200 gendarmes malgaches se sont déployées ce samedi à Nosy Be.
Les patrouilles à pied et en pick-up quadrillent la petite île touristique pour
mettre la main sur toute personne ayant participé au lynchage de trois hommes
mercredi et jeudi derniers
.

D'après plusieurs témoignages recueillis sur place, les
forces de l'ordre fouillent les cartes mémoires des téléphones portables pour
débusquer d'éventuelles photos de la mise à mort des trois hommes. La gendarmerie affirme par ailleurs se baser sur des dénonciations de témoins. Au total, 19 personnes ont été interpellées.

Les trois victimes étaient suspectés par la foule du meurtre
de Chaino, un enfant de 8 ans retrouvé mutilé sur une plage après avoir été
porté disparu pendant six jours. Avant d'être lynché puis brûlé, le Français
Sébastien Judalet et le Franco-Italien Roberto Gianfala ont d'abord dû faire
face aux accusations de la foule de pédophilie et de participation à un trafic d'organes. 

"Je raconte la vérité "

Dans un enregistrement audio transmis à nos confrères de
l'AFP et de RFI, on entend nommant le Français être interrogé par plusieurs
hommes et une femme. Accusé de pédophilie, il répond : "Je n'aime pas les
enfants, surtout pas, et je n'aime pas les personnes qui ont des rapports
sexuels avec les enfants (...) J'ai une petite fille, je n'aimerais pas qu'on lui
fasse ça. Je raconte que la vérité, strictement la vérité.
" Sébastien Judalet explique encore être la victime d'un
"complot".

D'après le directeur de l'hôtel où il résidait, il avait
déjà fait part de menaces de mort et de cambriolage dans sa chambre. Le chauffeur de bus de la RATP en région parisienne faisait
régulièrement des séjours à Madagascar. Plusieurs sources locales affirment qu'il
s'était lié depuis quelques jours avec le Franco-italien, dont le visa était
expiré. La troisième victime est l'oncle de l'enfant retrouvé mort. Il a été
battu à mort et son corps brûlé jeudi soir.