La famille d'un otage au Sahel porte plainte auprès de la justice française

(Ouest France Maxppp)

Après 1.000 jours de détention, la famille de Pierre Legrand, l'un des otages retenus au Sahel, porte plainte auprès de la justice française pour obtenir des informations sur sa détention. Les proches de l'otage veulent aussi dénoncer de possibles manquements à la sécurité d'Areva et d'une filiale de Vinci, son employeur.

Pierre Legrand travaillait près du site d'extraction d'uranium d'Arlit au Niger, exploité par Aréva. Le 16 septembre 2010, il est capturé avec d'autres Français. Il est depuis détenu au Sahel avec trois autres otages par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Vendredi, son père et son frère ont porté plainte auprès de la justice française pour enlèvement et séquestration, et aussi pour mise en danger de la vie d'autrui. 

Cette plainte contre X vise notamment de possibles manquements à la sécurité de la part d'Areva et de Sogea-Satom, une filiale du groupe Vinci, pour laquelle travaillait l'otage français. "Depuis 1.000 jours, les progrès sont insignifiants , a déclaré le père de Pierre, Alain Legrand. Nous ne voulons pas nous reprocher de n'avoir rien fait, nous voulons comprendre." 

Manquements aux obligations de sécurité

"Dans un premier temps, on nous a conseillé le silence, a souligné M. Legrand. Nous avons toujours été dans la retenue, mais au bout de trois ans ça suffit."  

La famille de l'otage estime que son employeur a mis en place "des mesures de sécurité insuffisantes compte tenu du contexte ambiant dans le nord du Niger en septembre 2010, et ce depuis quelques années" , précise la plainte. "Areva et Vinci ont manqué aux obligations générales et particulières de  sécurité" , a dénoncé l'avocat de la famille.  

Les otages sont retenus depuis presque 1.000 jours, et pour relancer la mobilisation pour leur libération, des rassemblements sont prévus samedi matin à Paris, Aix-en-Provence, Saint-Céré (Lot), Valence, Nantes, Nîmes et Orléans. 

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