L'incendie criminel à Charlie Hebdo unanimement condamné

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Un incendie criminel a détruit la rédaction de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo la nuit dernière, alors qu'il publie ce matin un numéro spécial renommé "Charia hebdo". L'enquête doit déterminer si ces deux éléments sont liés, mais pour beaucoup cela ne fait pas de doute. Les réactions - politique, journalistique, religieuse - se multiplient. L'hebdomadaire satirique devrait s'installer à Libération pour pouvoir continuer à travailler.

Le caractère criminel de l'incendie fait peu de doute, sachant qu'il a été déclenché par un cocktail Molotov. Mais l'enquête devra le confirmer et déterminer son mobile. Pour le directeur de la publication, le dessinateur Charb, et le médecin
urgentiste et chroniqueur Patrick Pelloux, il n'y a pas de doute sur l'origine du sinistre : l'incendie et le piratage présumé du site son liés au numéro spécial de mercredi destiné à "fêter la victoire" du parti islamiste Ennahda en Tunisie.

Claude Guéant "solidaire" de Charlie Hebdo...

La classe politique est unanime ce matin pour dénoncer cet incendie.

  • Même Claude Guéant demande à "tous les Français de se sentir solidaires" de Charlie Hebdo. "La liberté de la presse est une liberté sacrée dans notre pays, il faut absolument tout faire pour la préserver et c'est pour cela que, qu'on aime ou qu'on n'aime pas Charlie hebdo, tout le monde, tous les Français doivent se sentir ce matin solidaires d'un journal qui exprime par son existence et par sa façon d'être, la liberté de la presse", a déclaré le ministre de l'Intérieur. Le Premier ministre François Fillon lui a demandé que "toute la lumière soit faite" et que "les auteurs soient poursuivis".
  • Nathalie Kosciusko-Morizet, la ministre de l'Ecologie a estimé sur France Info que les auteurs de ces actes sont des "ennemis de la démocratie".
  • François Hollande, candidat socialiste à la présidentielle : "le fondamentalisme religieux sous toutes ses formes doit être dénoncé. Et le combat pour la liberté d'expression demeure, hélas, d'une désolante actualité". Le Parti socialiste a d'ailleurs publié une page spéciale sur son site avec des réactions.
  • Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à la présidentielle : "Si c'est un incendie volontaire, c'est tout à fait répugnant".
  • Bertrand Delanoë, maire de Paris : "Cette attaque me révolte et si je peux aider Charlie Hebdo à retrouver des locaux pour pouvoir faire vivre son journal et sa liberté je le ferai".

    La presse se serre les coudes

    La proposition de relogement du maire de Paris n'est pas la seule. Le milieu de la presse a aussitôt montré sa solidarité. Nicolas Demorand, directeur de la rédaction de Libération, invite les journalistes de Charlie Hebdo à installer leurs locaux dans son quotidien. "On est prêts ici à se serrer et à les accueillir pour qu'ils puissent continuer à produire Charlie" a-t-il déclaré. Peu de temps après il indiquait : "Je viens de les avoir en ligne : l'équipe de Charlie débarque à Libé à 13h. Soyez les bienvenus !"

    Le Nouvel Observateur a suivi l'idée et propose également ses locaux. L'hebdomadaire a aussi remplacé son avatar Twitter par la une de Charlie Hebdo. Beaucoup d'utilisateurs de Twitter ont fait de même ce matin par solidarité.

    Enfin, le Syndicat Professionnel de la Presse Magazine d'Opinion (SPPMO) a dénoncé "l'odieux attentat" contre Charlie Hebdo, fustigeant "une atteinte à la liberté de
    pensée".

    Le Conseil régional du culte musulman condamne l'incendie

    Les responsables religieux réagissent eux aussi, et notamment le Conseil régional du culte musulman (CRCM), qui avait porté plainte en 2006 contre Charlie Hebdo pour ses caricatures de Mahomet (le journal avait finalement été relaxé en 2008). Son président, Hassan Moussaoui, a "condamné fermement" cet incendie. Tout en rappelant quand même que "le fait même de caricaturer le prophète est considéré comme une offense pour les musulmans".

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