Un CRS condamné pour des PV imaginaires dressés à un rival amoureux

Un CRS marseillais a été condamné, le 6 janvier 2015, pour avoir dressé trois contraventions imaginaires au nouveau compagnon de son ex-épouse.
Un CRS marseillais a été condamné, le 6 janvier 2015, pour avoir dressé trois contraventions imaginaires au nouveau compagnon de son ex-épouse. (MAXPPP)

Un sous-brigadier a reconnu avoir consulté les fichiers de la police pour "se venger bêtement" du nouveau compagnon de son ex-épouse.

Six mois de prison avec sursis et 2 000 euros d'amende. C'est ce dont a écopé un CRS marseillais, mardi 6 janvier. Le tribunal a condamné un sous-brigadier de 41 ans pour avoir dressé trois contraventions imaginaires au nouveau compagnon de son ex-épouse. Les procès-verbaux portaient la mention "refus de signer" et sanctionnaient un feu rouge grillé, un défaut de port de ceinture de sécurité et l'usage du téléphone au volant.

Jugé le 25 novembre pour détournement à caractère personnel de la finalité de fichiers informatisés, faux et usage en écriture publique, il avait reconnu la consultation, avec ses propres codes d'accès, du Système de traitement des infractions constatées (Stic) et du registre des immatriculations de véhicules. Son but : "se venger bêtement" de son rival. Il déclaré avoir voulu "faire du mal à [s]on ex et à [s]on copain. Et d'ajouter : "Je sais que j'ai fait une grosse erreur mais je voulais savoir qui vivait sous mon toit, si cette personne était connue de nos services."

Déjà interdit de voie publique et désarmé par sa hiérarchie

Policier mal noté par sa hiérarchie, muté d'office à la CRS autoroutière Provence de Septèmes-les-Vallons, le prévenu ne s'est pas vu infliger l'interdiction définitive d'exercer la fonction de policier qui avait été requise. Le procureur avait estimé que ce fonctionnaire n'avait "plus sa place dans la police" et dénoncé un comportement "ravageur pour l'institution". Le président du tribunal a toutefois indiqué qu"'il appartenait à l'autorité administrative d'apprécier si ces agissements devaient être sanctionnés administrativement".

Le prévenu était dans le collimateur de ses supérieurs. Il avait déjà été interdit de voie publique et avait été désarmé par sa hiérarchie. "N'en faites pas un paria", avait plaidé son avocate, évoquant la "douleur" de son client : "Il était insupportable pour lui que ce jeune amant habite la maison du bonheur qui lui appartient."