Samantha Geimer, la victime de Roman Polanski, "implore" le juge de clore le dossier

L\'ancienne actrice Samantha Geimer et le réalisateur Roman Polanski.
L'ancienne actrice Samantha Geimer et le réalisateur Roman Polanski. (KENZO TRIBOUILLARD / JANEK SKARZ / AFP)

Sans remettre en questions les faits reconnus par le réalisateur, Samantha Geimer souhaite mettre un terme à la saga judiciaire et médiatique, qui dure depuis quarante ans.

L'affaire dure depuis quarante ans et elle n'en peut plus. Violée à l'âge de 13 ans par le cinéaste Roman Polanski, Samantha Geimer a demandé, vendredi 9 juin, à la justice de mettre fin à l'affaire. "Je vous implore de considérer une solution à ce dossier sans emprisonner un homme de 83 ans", a déclaré l'ancienne actrice au juge du Tribunal supérieur de Los Angeles Scott Gordon, ajoutant qu'elle ne "parle pas au nom de Roman, mais de la justice""Je vous implore de faire cela pour moi, par pitié pour moi", a-t-elle insisté.

Samantha Geimer a également rappelé avoir déjà pardonné Roman Polanski et vouloir mettre fin à cette affaire datant de 1977. Mais ce pardon accordé n'a jamais effacé ses accusations. En 2003, lorsqu'elle a "pardonné" publiquement le réalisateur, selon Libération, elle a même rappelé comment le réalisateur avait procédé : "Il m’a fait boire du champagne et avaler du Quaalude (un sédatif). Et a abusé de moi."

Pour s’éviter un procès public, Roman Polanski avait passé un accord avec la justice américaine : reconnaître l'ensemble des faits en échange de l’abandon de tous les chefs d’accusation, dont le viol, à l’exception de l’abus sexuel sur mineur, puni d’une peine de prison de quatre ans maximum. Après 48 jours en détention, Roman Polanski avait tout de même fui vers la France, en 1978, craignant d'être lourdement condamné malgré un accord amiable.

"Victime de Polanski" et "du système judiciaire" 

Pour Samantha Geimer, la justice, dans cette affaire, n'a pas rempli son rôle. Plus tôt dans l'année, elle a écrit à la cour une lettre dans laquelle elle pointait du doigt les procureurs. "Les cas impliquant des célébrités ne devraient pas être utilisés à mauvais escient par ceux comme vous qui cherchent la célébrité et des promotions pour leur carrière", écrivait-elle à la procureure du comté Jackie Lacey et à son adjointe Michele Hanisee. "Vous et ceux avant vous ne m'avez jamais protégée, vous m'avez traitée avec mépris, utilisant un crime commis contre moi pour faire avancer votre carrière", avançait-elle encore.

En 2010, Samantha Geimer avait déjà demandé à la justice de clore le dossier. Son avocat affirmait alors que sa cliente était  devenue "la victime du système judiciaire", après avoir été "la victime de Polanski". après la requête de Samantha Geimer, un procureur avait d'ailleurs rappelé que la victime n'avait "aucune légitimité pour dicter le cours d’une affaire criminelle, tout comme elle n'est pas habilitée à examiner les preuves détenues par l’accusation ou la défense".