Procès des tournantes: dix acquittements et quatre peines légères

La cité des Larris, à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne), dont sont originaires les quatorze accusés de viols en réunion présents au premier procès en novembre 2012.
La cité des Larris, à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne), dont sont originaires les quatorze accusés de viols en réunion présents au premier procès en novembre 2012. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Au terme d'un procès à  huis clos dans une ambiance tendue, la cour d'assises du Val-de-Marne a condamné quatre hommes à des peines allant de trois ans avec sursis à un an de prison ferme pour viols en réunion.

JUSTICE – La cour d'assises du Val-de-Marne a acquitté dans la nuit du mercredi 10 au jeudi 11 octobre dix hommes poursuivis pour des viols collectifs sur deux jeunes femmes commis dans des cités de Fontenay-sous-Bois, il y a plus de dix ans, et condamné quatre autres à des peines allant de trois ans avec sursis à un an de prison ferme. Après trois semaines de débats à huis clos mais sous haute tension, la cour a reconnu des viols sur une seule des plaignantes qui, selon une de leurs avocates, ont eu le sentiment d'avoir assisté à un "naufrage judiciaire".

Deux accusés ont été condamnés à cinq ans dont quatre avec sursis, un troisième a été condamné à cinq ans dont quatre ans et demi avec sursis et le dernier à trois ans avec sursis. Les quatre condamnés l'ont été pour des viols commis sur Nina, 29 ans. Les quatre hommes poursuivis pour les mêmes faits sur Aurélie, 28 ans, ont été acquittés. Les plaignantes avaient entre 15 et 16 ans au moment des faits dénoncés.

"On évite un fiasco judiciaire", selon la défense

Selon un avocat interrogé par l'AFP, les condamnés sont ceux qui ont reconnu avoir eu des relations sexuelles avec Nina en les présentant toutefois comme consenties. Parmi eux, le seul accusé à comparaître détenu sera de nouveau jugé devant la cour d'assises du Val-de-Marne, du 2 au 6 novembre, pour l'assassinat de sa compagne et l'enlèvement et la séquestration de leur petit garçon en février 2010.

Pour Me Amar Bouaou, avocat d'un condamné et d'un acquitté, Aurélie "ne peut pas se poser en victime. Elle a menti." Selon lui, "on évite un fiasco judiciaire, il fallait que des personnes soient condamnées"

"Treize ans après les faits, l'échec est là. Quelle peine aurait un sens, quand on entend que des coupables de viols en réunion sont condamnés à trois ans avec sursis, on s'interroge", a déploré Me Laure Heinich-Luijer, avocate des deux jeunes femmes.

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Pour Me Clotilde Lepetit, une autre avocate des plaignantes, en revanche, "la cour d'assises a dit à Nina : 'on vous croit'." Elle a cependant fustigé "les conséquences d'un dossier mal instruit" et les "failles judiciaires" dans le cas d'Aurélie.

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Applaudissements à l'énoncé du verdict 

Lundi, l'avocate générale avait requis des peines de cinq à sept ans de prison pour huit accusés. Pour les six autres, elle s'en était remise à la décision de la cour, évoquant le "doute" et relevant le manque d'éléments à charge les concernant pour réclamer une peine.

Au moment du verdict, quelques applaudissements ont accompagné les dix acquittements prononcés par la cour. Du côté des acquittés, le soulagement prédomine ainsi qu'un "sentiment de justice" selon l'un d'eux, qui souhaite garder l'anonymat. "C'est pas normal, il reste trois personnes condamnées", a-t-il nuancé. "Un mois de procès, c'est dur. C'est un cauchemar. Je suis soulagé mais c'est un mic-mac. Les autres ne sont pas des violeurs", a affirmé un autre homme mis hors de cause par la cour.

"C'est plus que de la clémence", reconnaît Me Alexandre Devillers, avocat de la défense, qui voit dans ce verdict "une réponse totalement incohérente", "un grand gâchis", "résultat" d'"un dossier bâclé"

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Ambiance tendue

Le procès s'est déroulé dans une ambiance tendue, mais, derrière les portes des assises, difficile de connaître le détail des débats qui ont toutefois semblé tourner à l'épreuve pour les deux plaignantes. Les deux jeunes femmes, régulièrement absentes pour raisons médicales, n'étaient pas présentes à l'énoncé du verdict.

Les accusés – parmi lesquels l'un est fuite –, âgés de 29 à 33 ans, parfois mariés et travaillant, ont toujours nié avec véhémence les accusations de viols et ont comparu libres, à une exception près. Deux autres mis en cause, âgés de moins de 16 ans lors des faits, comparaîtront devant le tribunal pour enfants de Créteil. La date d'audience n'a pas été fixée.

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