Nancy : Sylvie Leclerc condamnée à 9 ans de prison pour le meurtre de son compagnon

Sylvie Leclerc, avec ses avocates, le 21 mars 2016 à Nancy (Meurthe-et-Moselle).
Sylvie Leclerc, avec ses avocates, le 21 mars 2016 à Nancy (Meurthe-et-Moselle). (JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP)

Elle avait tué son compagnon d'une balle de fusil en 2012.

Le verdict est tombé. Sylvie Leclerc a été condamnée jeudi 24 mars par la cour d'assises de Meurthe-et-Moselle à 9 ans de réclusion pour avoir tué son compagnon d'une balle de fusil en 2012. Cette peine correspond aux réquisitions de l'avocate générale. La cour a estimé que le discerement de l'accusée n'avait pas été aboli, mais altéré au moment du meurtre.

"Oui elle a tué Gérard, oui elle était sa concubine. Non son discernement n'était pas aboli, oui il était altéré", avait  souligné l'avocate générale Marie-Claude Weiss. "Mais une vie douloureuse et la dépression chronique ont créé chez elle cette impression qu'il n'y avait pas d'autre issue", a ajouté la magistrate, précisant qu'elle ne souhaitait pas "ajouter du malheur au malheur, car chez Mme Leclerc, le malheur est tenace et le bonheur est fugace". Sylvie Leclerc encourait la réclusion criminelle à perpétuité.

"Le malheur est tenace et le bonheur est fugace"

Pendant ces quatre jours d'audience, l'accusée de 54 ans a été présentée par ses défenseurs comme une nouvelle Jacqueline Sauvage, cette femme devenue un symbole des violences conjugales après sa condamnation en décembre à Blois à 10 ans de réclusion pour le meurtre de son mari violent, mais qui a bénéficié ensuite d'une grâce présidentielle partielle.

Défendue par les mêmes avocates que Jacqueline Sauvage, Mme Leclerc a tenté d'expliquer devant la cour à quel point il lui était devenu nécessaire de se "libérer" de l'emprise de son compagnon, qu'elle avait abattu dans son lit, d'une balle de fusil tirée à bout portant. Cet éboueur de 58 ans dont elle a partagé la vie durant 35 ans était selon elle un être "jaloux" et "colérique", qui l'insultait et la forçait à des rapports sexuels longs et douloureux.

Les débats ont toutefois également mis en lumière la relation complexe entre l'accusée et sa victime. Mme Leclerc était "davantage prisonnière de sa propre dépendance que de l'emprise objective de son conjoint", a ainsi souligné à la barre un expert psychiatre, le Dr Jacques Henry.

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