Le cas Cassez : plus de sept ans de bataille judiciaire

Une photo de Florence Cassez fournie par ses parents.
Une photo de Florence Cassez fournie par ses parents. ( AFP)

Après des années de procédure, la Cour suprême du Mexique a annulé la condamnation de la Française.

Plus de sept ans de bataille judiciaire, puis l'annulation pure et simple du jugement. Depuis 2005, la Française Florence Cassez n'a cessé de clamer qu'elle n'était pas complice d'enlèvements au Mexique. Le Cour suprême mexicaine a prononcé, mercredi 23 janvier, sa libération "immédiate" et "absolue" par trois voix contre deux.

Elle estime que les droits fondamentaux de la Française ont été bafoués dans la procédure, entachée d'irrégularités. "Le jugement est annulé, le recours est accordé et la liberté absolue de Florence Cassez est ordonnée", a annoncé l'un des juges. Francetv info revient sur les différents moments d'une affaire montée de toutes pièces. 

2005-2009 : l'arrestation et la condamnation

Arrêtée le 8 décembre 2005 en compagnie de son ex-fiancé mexicain, la ressortissante française est accusée de kidnapping. Condamnée en première instance, le 26 avril 2008, à 96 ans de prison à l'issue d'un procès à huis clos et sans jurés, elle a vu sa peine ramenée à soixante ans en appel en mars 2009.

La sentence s'accompagne de 6 400 jours-amende de travaux forcés, soit l'équivalent de 239 800 euros. Pour la condamnée, le jugement est un coup terrible : "On m'a retiré tout espoir", s'exclame-t-elle. 

2010-2011 : les fissures

Le 18 avril 2010, la justice reconnaît la mise en scène de l'arrestation. La police fédérale a menti en faisant croire que la Française avait été arrêtée en direct le 9 décembre, jour de la reconstitution pour la télévision. Le coup de filet a eu lieu la vieille. L'ancien ministre de la Justice Ignacio Morales Lechuga affirme alors être convaincu de l'innocence de la jeune femme, comme le relate RFI (en espagnol).  

Le ton monte entre les deux pays quand Nicolas Sarkozy veut obtenir la libération de la jeune fille. Lorsque Nicolas Sarkozy dédie l'année du Mexique en France à la prisonnière, le Mexique décide de boycotter l'événement culturel. Les festivités sont finalement purement et simplement annulées. Les relations entre les deux Etats se durcissent.

Le 21 mars 2012, quatre des cinq juges présents à la Cour suprême reconnaissent des erreurs dans la procédure. L'ex-président de la République Nicolas Sarkozy se montre confiant. Cependant, seuls deux juges demandent la libération immédiate de la détenue, explique Le Monde.

2013 : changement à la tête du Mexique et révélations

Le 1er décembre 2012, le nouveau président centriste Enrique Peña Nieto arrive au pouvoir au Mexique. Il congédie le seul magistrat qui n'a pas reconnu les erreurs judiciaires du dossier. Agustin Acosta, avocat mexicain de Florence Cassez, salue l'initiative. Pour lui, "deux options semblent les plus probables : la libération immédiate ou le renvoi à un nouveau jugement en appel".   

La juge mexicaine Olga Sanchez, en charge du dossier de Florence Cassez, le 23 janvier 2013.
La juge mexicaine Olga Sanchez, en charge du dossier de Florence Cassez, le 23 janvier 2013. (VICTOR HUGO ORTIZ / NOTIMEX/ AFP)

La juge Olga Sanchez, convaincue que la Française doit être libérée, prépare une nouvelle proposition d'annulation de la condamnation.

Pendant ce temps-là, les révélations se poursuivent. Un présentateur mexicain, Carlos Loret de Mola, ancien animateur de Noticieros Televisa, reconnaît que sa chaîne a filmé la mise en scène des autorités. Il avoue que "le 9 décembre 2005, nous avons eu à transmettre l'information de sa capture, dont nous avons su par la suite qu'il s'agissait d'un montage. Ils avaient arrêté la Française un jour auparavant, et les autorités ont simulé une opération comme si elle se déroulait en direct". Mea culpa du présentateur, qui concède qu'"avec une analyse plus minutieuse de toutes les images, je crois que j'aurais pu découvrir la tromperie. Dans l'information à chaud, comme l'arbitre de football qui n'a pas accès au ralenti et doit décider sur le coup, je ne l'ai pas fait et je le regrette".

Contactée en décembre 2012, Florence Cassez avait déclaré : "J'ai envie d'être sereine et positive." Samah Soula, de la rédaction de France 2, revient sur l'affaire dans ce reportage :

Samah Soula - France 2

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