La Cour européenne des droits de l'homme rejette la plainte d'Yvan Colonna

Yvan Colonna le 2 mai 2011 lors de son procès à Paris.
Yvan Colonna le 2 mai 2011 lors de son procès à Paris. (BENOIT PEYRUCQ / AFP)

La requête du quinquagénaire, condamné à la perpétuité pour l'assassinat du préfet Erignac en 1998, avait été introduite pour atteinte à sa présomption d'innocence.

Il n'y aura pas de nouveau procès pour Yvan Colonna. La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a douché les espoirs du berger de Cargèse, condamné à la perpétuité pour l'assassinat du préfet Erignac en 1998. Jeudi 8 décembre, elle a jugé irrecevable sa plainte de ne pas avoir été traité équitablement par la justice française.

Yvan Colonna, aujourd'hui âgé de 56 ans, a été condamné par trois fois à la perpétuité au cours d'un long feuilleton judiciaire. Il espérait faire reconnaître par les juges de la CEDH que la procédure qui avait conduit à sa condamnation en 2011 n'était pas conforme à la définition d'un procès équitable, en raison, notamment, d'atteintes répétées à sa présomption d'innocence.

"Immense déception"

Les juges de la CEDH expliquent dans leur décision (PDF) qu'ils ont considéré qu'Yvan Colonna n'avait pas utilisé tous les recours du droit français à sa disposition pour protéger sa présomption d'innocence. Le berger de Cargèse estimait qu'elle avait été bafouée par les déclarations répétées de responsables politiques. Parmi eux figuraient Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, qui l'avait désigné avant tout jugement comme "l'assassin du préfet Erignac", mais également Jean-Pierre Chevènement et Michèle Alliot-Marie.

"C'était notre dernier espoir d'obtenir une condamnation de la France et, le cas échéant, la tenue d'un nouveau procès", a déploré l'avocat d'Yvan Colonna, Patrice Spinosi, faisant part de son "immense déception". "Nous allons maintenant nous concentrer sur les conditions d'incarcération d'Yvan Colonna, pour continuer à demander son rapprochement avec les siens en Corse, et aussi sur la demande de libération conditionnelle", a expliqué Patrice Spinosi. Il espère une libération de son client en 2021, après 18 années passées derrière les barreaux.