Florence Cassez : une enquête entachée de graves irrégularités

La juge Olga Sanchez Cordero, qui a défendu la libération de Florence Cassez devant la Cour suprême mexicaine, le 23 janvier 2013 à Mexico (Mexique).
La juge Olga Sanchez Cordero, qui a défendu la libération de Florence Cassez devant la Cour suprême mexicaine, le 23 janvier 2013 à Mexico (Mexique). (YURI CORTEZ / AFP)

La Cour suprême du Mexique, qui a ordonné mardi la libération de la Française Florence Cassez après sept ans de procédure, a fondé sa décision sur les graves violations du droit qui ont eu lieu pendant l'enquête et le procès.

C'est la fin d'un long combat pour Florence Cassez : la Cour suprême mexicaine du Mexique a ordonné mercredi 23 janvier la libération immédiate de la Française, condamnée à 60 ans de prison en appel en 2009.

Les juges de la première chambre étaient invités à se prononcer sur une proposition de la juge Olga Sanchez Cordero, rapporteuse sur ce dossier. Les magistrats ont motivé leur décision par la violation des droits fondamentaux de la jeune femme dans la procédure ayant conduit à sa condamnation. Francetv info revient sur les deux principaux éléments qu'a toujours cités la Française dans sa défense, et que les juges ont reconnu.

Une arrestation mise en scène

Première d'entre elles : l'arrestation de la Française par la police fédérale, le 9 décembre 2005. La télévision mexicaine avait alors diffusé, prétendument "en direct", l'arrestation de la Française et de son ancien compagnon, Israel Vallarta, et la libération de trois otages dans le ranch de ce dernier. Un coup d'éclat destiné, pour la police mexicaine, à montrer son efficacité alors que la criminalité galopante est un sujet de préoccupation majeur dans le pays.

Mais cette arrestation n'était en réalité qu'une mise en scène montée à l'attention des médias : Florence Cassez et Israel Vallarta ont été arrêtés la veille alors qu'ils circulaient sur une autoroute non loin de Mexico. Les autorités mexicaines ont reconnu le montage trois mois plus tard, sans toutefois remettre en cause la culpabilité de la Française. Les journalistes mexicains concernés, eux, n'ont exprimé leurs regrets que sept ans plus tard, quelques jours avant la décision de la Cour suprême.

Pour la juge Olga Sanchez Cordero, qui a élaboré la proposition acceptée mardi, cet épisode concentre à lui seul plusieurs droits constitutionnels : la présomption d'innocence, la présentation immédiate devant le Ministère public, et la protection consulaire, un soutien juridique fourni par la diplomatie française à laquelle avait droit la Française.

Des témoignages changeants

Autres éléments problématiques pointés du doigt par la juge : les témoignages qui ont accablé Florence Cassez pendant son procès. Si Israel Vallarta, qui a reconnu sa culpabilité, a toujours nié l'implication de son ex-compagne, cette dernière a pâti des témoignages accablants des otages pendant son procès.

Problème : le témoignage d'au moins deux d'entre eux, Cristina Rios Valladares et de son fils Christian Hilario Ramirez Rios, a changé au cours du temps. Ainsi, le jeune garçon raconte d'abord qu'un homme lui a un jour prélevé du sang. Deux mois plus tard, il parle d'une "femme de peau blanche", à la peau "délicate, douce", avant de citer, encore quatre mois plus tard, le nom de Florence Cassez, comme en attestent ses déclarations citées par Le Figaro. La juge Olga Sanchez Cordero a jugé que ces témoignages devaient être considérés comme nuls.

D'autres témoins, dont un membre du gang de ravisseurs, David Orozco, ont expliqué avoir accusé la Française sous la torture de policiers mexicains, comme le raconte notamment L'Express.

Vous êtes à nouveau en ligne