Allemagne : nouveau procès pour le "policier cannibale"

Detlev Günzel au tribunal de Dresde pour son second procès, le 1er novembre.
Detlev Günzel au tribunal de Dresde pour son second procès, le 1er novembre. (ARNO BURGI / DPA)

Detlev Günzel avait été condamné à huit ans et demi de prison ferme en première instance. Son deuxième procès a commencé mardi 1er novembre au tribunal de Dresde.

Un "policier cannibale" est à nouveau devant la justice allemande à partir de mardi 1er novembre. Detlev Günzel a déjà été condamné à huit ans et demi de prison en première instance par le tribunal de Dresde pour avoir tué et dépecé un homme rencontré sur un site dédié au cannibalisme.

La presse allemande a surnommé cet homme de 58 ans "le commissaire sans tabou". Detlev Günzel, ancien policier à la retraite et père de trois enfants, semblait mener une existence tout à fait ordinaire dans le "bed and breakfast" qu’il avait ouvert près la frontière tchèque. Il est décrit comme sympathique, généreux et d'une grande politesse par ses voisins. Mais cela cachait un univers sanglant et macabre. Une affaire qui avait passionné l'Allemagne à l'époque des faits.

Une "horreur pure"

C’est dans sa cave aménagée en studio pour pratiques sado-maso, que Detlev Günzel s’est filmé, fin 2013, découpant en morceaux, à l'aide d'un couteau et d'une scie, le corps d’un Polonais de 59 ans rencontré sur un site spécialisé dans le cannibalisme. Une vidéo qualifiée d'"horreur pure" par les enquêteurs. Diffusé lors du premier procès, ce film de 50 minutes montre l'accusé couvert de sang marmonner : "Je n'aurais jamais pensé tomber si bas". 

En première instance, la Cour de Dresde avait condamné l'ancien policier, et l'avait "reconnu coupable de meurtre motivé par le désir sexuel et d'avoir porté atteinte au repos des morts". L’accusé avait d'ailleurs avoué avoir dépecé le cadavre et l’avoir enterré dans son jardin. Mais il a toujours nié avoir tué son partenaire, affirmant que celui-ci s'était pendu dans la cave. Ce Polonais avait semble-t-il manifesté sa volonté de mourir dès leur prise de contact.

Vers un allègement de la peine ?

Cela n’a pas empêché les juges de condamner Detlev Günzel à huit ans et demi de prison, les juges concluant au meurtre mais retenant comme circonstance atténuante le fait que la victime avait fait part de son désir de mourir lors de leurs échanges sur internet.

Le parquet et l'accusé avaient fait appel du verdict, mais ce premier jugement a été cassé par la Cour d'appel de Leipzig au motif que le tribunal n'avait pas examiné avec assez de soins l'hypothèse d'un suicide de la victime.

Cette piste du suicide sera examinée de plus près pendant ce deuxième procès. Le policier cannibale espère un allègement de sa peine, mais il encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le procès doit durer jusqu'en janvier 2017. 

Vous êtes à nouveau en ligne