Affaire Jean-Claude Romand : "Ce genre de personnage ne récidive jamais" affirme un psychiatre criminologue

Jean-Claude Romand, à son procès en juin 1996.
Jean-Claude Romand, à son procès en juin 1996. (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

Le psychiatre criminologue et expert auprès des tribunaux, Daniel Settelen, estime qu'"il n'y a pas de raison que [Jean-Claude Romand] ne puisse pas se réinsérer". Il a effectué sa peine de sûreté, a appris un métier et a une promesse d'embauche.

Le quintuple meurtrier et faux médecin, Jean-Claude Romand, a vu sa demande de libération conditionnelle rejetée vendredi. Il avait été condamné à la perpétuité pour avoir tué cinq membres de sa famille en 1993. Son projet et sa personnalité n'ont pas convaincu le tribunal d'application des peines de Châteauroux.

"Ce genre de personnage ne récidive jamais", estime pourtant vendredi 8 février sur franceinfo le psychiatre criminologue et expert auprès des tribunaux Daniel Settelen, qui avait co-réalisé la dernière expertise de Jean-Claude Romand avant son procès, il y a plus de vingt ans.

Sur le plan légal, Jean-Claude Romand a fait sa peine, selon l'expert

"Sur le pur plan de la légalité, Jean-Claude Romand a fait ses 22 ans incompressibles", rappelle le psychiatre. "Il en est à la 26e année, il est resté 25 ans en prison et a le droit de demander sa sortie". Daniel Settelen souligne également que Jean-Claude Romand a eu "un parcours pénal exemplaire, il a fait des études, il a appris un métier, il a restauré des films de l'INA. Il part avec une promesse d'embauche".

Le psychiatre tient à souligner que pour sortir sous libération conditionnelle, "on prend en compte les critères de son comportement pénal, ce qu'il a prévu pour la sortie, comment et où il va vivre, s'il a remboursé, ou va le faire, les peines matérielles auxquelles il a éventuellement été condamné. Il n'y a pas de raison qu'il ne puisse pas se réinsérer", ajoute l'expert. Selon lui, Jean-Claude Romand "a été tellement médiatisé qu'il risque d'être empoisonné. C'est le détenu le plus connu de la France entière".

Daniel Settelen estime également que, dans leur décision de rejet de libération conditionnelle, "les juges ont aussi pris en compte le battage médiatique" autour de l'affaire Jean-Claude Romand. Ils ont tenu compte de "la peur sociale, les fantasmes qui tournent autour". Mais pour le psychiatre, "ce genre de personnage ne récidive jamais."

Ces personnages ne sont pas des serial killers, des Michel Fourniret, des Guy Georges, qui ont besoin de tuer à intervalles réguliers.Daniel Settelen, psychiatre criminologueà franceinfo

Il rappelle que Jean-Claude Romand a tué cinq personnes de sa famille "en 48 heures". "Les gens qui ont fait un 'pétage de plombs' ne sont plus eux-mêmes pendant un temps très court de passage à l'acte", explique Daniel Settelen. "Quand ils se réveillent, tous, tous, tous, se suicident ou font une tentative de suicide. Jean-Claude Romand a fait une semaine de coma. Il n'y a aucune raison que la même situation se reproduise", assure l'expert.

Vous êtes à nouveau en ligne