Paris suspects dans le handball : le procureur dénonce une tricherie "en équipe"

Le handballeur Nikola Karabatic, durant un match amical entre la France et la Macédoine, à Nantes (Loire-Atlantique), le 10 janvier 2015.
Le handballeur Nikola Karabatic, durant un match amical entre la France et la Macédoine, à Nantes (Loire-Atlantique), le 10 janvier 2015. (EDDY LEMAISTRE / 2PIX-EL / AFP)

Le parquet de Montpellier a requis, vendredi 6 février, le renvoi devant un tribunal de Nikola Karabatic et de 16 autres personnes pour des faits "d'escroquerie" ou de "complicité d'escroquerie".

Une semaine après le cinquième sacre de l'équipe de France de handball lors du Mondial au Qatar, certains des "experts" s'apprêtent à affronter la justice dans l'affaire des paris suspects. Alors que le parquet de Montpellier (Hérault) a requis le renvoi devant un tribunal de Nikola Karabatic et de 16 autres personnes pour des faits "d'escroquerie" ou de "complicité d'escroquerie", L'Equipe, dans son édition du mardi 10 février, a pu consulter son réquisitoire, accablant pour les protagonistes. 

Plusieurs joueurs de l'équipe de Montpellier sont accusés d'avoir misé, avec des proches, 80 000 euros sur un retard de leur équipe à la mi-temps, lors d'une rencontre contre Cesson-Sévigné, alors 9e du championnat, le 12 mai 2012. Certains sont accusés d'avoir "levé le pied" au cours de la première période pour assurer leurs gains.

Une cagnotte pour financer un voyage à Ibiza ? 

Le parquet de Montpellier dénonce, dans son réquisitoire, une tricherie "en équipe". Si les deux frères Karabatic, blessés à l'époque, n'avaient pas pris part au match en question, ils sont tout de même accusés, via leurs compagnes, d'avoir pris part aux paris. Selon le quotidien sportif, Luka Karabatic aurait misé 8 400 euros (soit la totalité d'un pot commun réalisé avec d'autres joueurs) afin de financer, grâce aux gains, "un voyage sous le soleil d'Ibiza, pour plusieurs membres de l'équipe (...) une fois la saison terminée", estime le réquisitoire cité par L'Equipe et l'AFP

La plupart des joueurs mis en cause, dont Luka Karabatic, ont admis avoir parié, mais ils ont toujours réfuté avoir truqué la rencontre. Nikola Karabatic, lui, s'est démarqué, et affirme n'avoir pas participé aux paris. Le procureur de la République, Patrick Desjardins, relève que "malgré les charges accablantes (..) mettant en évidence une escroquerie d'envergure, les mis en examen ont pour la plupart adopté une attitude de dénégation très peu convaincante". "La notion d'équipe soudée jusque dans la défaite se vérifie ici aussi", poursuit-il.

"De toute évidence, en tant que leaders charismatiques, [les joueurs, Mladen] Bojinovic [et] les frères Karabatic avaient donné leur aval en acceptant de se compromettre dans ce projet", assure le procureur. Il souligne que la réussite du projet vient du fait que "chacun a respecté à la lettre comme dans tout sport d'équipe les consignes données".

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