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Italie : ce que l'on sait de la disparition d'un Français, Simon Gautier, lors d'une randonnée dans le sud du pays

Cette image est extraite de la caméra de videosurveillance de la ville de Policastro (Italie), le 8 août 2019. (VILLE DE POLICASTRO)

Sa famille est sans nouvelles de cet étudiant en histoire de l'art depuis le vendredi 9 août. Il était parti faire une randonnée à Policastro, dans la province de Salerne.

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Le jeune Français a disparu le vendredi 9 août près de Policastro, à 180 km au sud de Naples. Depuis, ses proches n'ont plus de nouvelles de Simon Gautier, 27 ans, qu'ils recherchent activement. Que sait-on de cette disparition ?

Le jeune homme est "tombé d'une falaise"

Simon Gautier vit depuis deux ans à Rome pour rédiger une thèse en histoire de l'art. Le jeudi 8 août, il quitte la capitale romaine pour entreprendre une randonnée, seul, à Policastro, une commune côtière de la province de Salerne. Il effectue son excursion en solitaire sur un terrain escarpé et rocheux. Des images de vidéosurveillance de la ville le montrent, le 8 août, sortir de la gare et marcher dans la commune entre 16h11 et 16h43. Son ami Thomas présent sur place l'a formellement identifié.

Simon Gautier marche dans la commune de Policatsro (Italie), le 8 août 2019. (VILLE DE POLICASTRO)

Simon Gautier passe ensuite la nuit sur la plage Morala, où il a été vu par trois adolescents, selon des informations de France 2. Le jeune homme éteint son téléphone de 19h30 à 6h30. Le vendredi 9 août, à 9 heures du matin, il joint les secours en leur laissant ce message : "Je suis tombé d'une falaise, j'ai les jambes cassées, aidez-moi, je vois la mer mais je ne sais pas où je suis", selon ses amis sur Twitter. Il dit aussi "qu'il est confus et qu'il a mal", rapporte une de ses proches à l'AFP.

"Très sportif et organisé, Simon avait préparé son voyage", indique encore à l'AFP l'amie déjà citée. Elle estime que le jeune homme est vraisemblablement parti avec un sac contenant de l'eau et des vivres pour quelques jours. Mais sans doute pas pour une semaine entière, estime-t-elle, en s'inquiétant de l'intense chaleur de la région.

Les Italiens déploient des moyens "renforcés"

Les autorités italiennes "déploient d'importants moyens matériels et humains, qui sont renforcés, afin de retrouver Simon Gautier dans une zone étendue et difficile d'accès", affirme une source du Quai d'Orsay  à franceinfo. Ceci passe par "des survols par hélicoptère et drones, le recours à des équipes de spéléologues, la mobilisation de volontaires, et de la reconnaissance depuis la mer". 

Les secouristes se basent notamment sur un morceau de papier où le jeune homme avait dessiné de manière schématique le trajet qu'il voulait faire, explique La Repubblica (en italien).

L’ambassade de France à Rome est "en contact constant avec sa famille et en relation étroite avec les autorités italiennes, aussi bien au niveau local que national", pour le suivi des recherches, a aussi fait savoir une source diplomatique à franceinfo.

L'efficacité des secours au départ mis en doute

Les secours italiens ont-ils mis du temps à intervenir ? C'est ce que pointent plusieurs journaux. Simon Gautier a appelé les secours le vendredi 9 août à 9 heures du matin. Il a joint "les carabiniers de Lagonegro, une commune située à une vingtaine de kilomètres de là où aurait eu lieu l'incident, explique Le Parisien. Mais il faudra attendre la fin de journée pour que les recherches, confiées finalement à la municipalité de San Giovanni a Piro, ne commencent réellement."  Et un hélicoptère est envoyé sur place, seulement 28 heures après, soit le samedi 10 août à midi, relate le quotidien italien La Repubblica (en italien). Les premières équipes sur le terrain arrivent elles le samedi à l'aube.

Par ailleurs, l'association Eena112, une association qui veut améliorer le service offert par le numéro d'urgence européen (le 112), regrette que le jeune homme n'ait pu être localisé rapidement alors qu'il s'est servi de son portable. Sur Twitter, l'association explique que les données de localisation correspondent à "une zone faisant plusieurs dizaines de km2", bien trop large au vu de la configuration des lieux. 

Ce bord de côte rocheux est particulièrement escarpé, confirme le correspondant de France 2 en Italie Alban Mikoczy. "Il y a des falaises, des promontoires, des à-pics qui peuvent être très dangereux en cas de chute", détaille-t-il. Pour les autorités et les secours mobilisés, ces zones sont particulièrement difficiles à explorer. 

La famille demande des renforts

Sur place, Delphine, la mère du randonneur, juge cependant les effectifs déployés insuffisants. "Il nous faut de l'aide, nous sommes à plus sept jours, c'est insupportable, a-t-elle déclaré vendredi 16 août à RTL. Le terrain est très difficile d'accès et ils ne sont que douze pompiers à pouvoir accéder, c'est absolument insuffisant."

"Il faut que la France ou l'Italie envoie des pompiers formés à la haute montagne, des spéléologues... Il faut beaucoup plus d'équipes que ça. Même avec la meilleure volonté du monde, les équipes en place, qui travaillent beaucoup, ne peuvent pas couvrir toute la zone", explique-t-elle. 

Une quinzaine d'amis de l'étudiant sont  arrivés sur place pour participer aux recherches. Ils ont également lancé une cagnotteSamedi 17 août, les recherches s'orientaient vers les trois chemins escarpés qui mènent de la plage Morala au sentier de randonnée.