Incendies dans le Sud-Est : "C'est un crève-cœur, c'est la désolation"

Les pompiers restent vigilants, au lendemain de l\'incendie qui a touché la commune de Seillons-Source-d\'Argens, dans le Var, le 26 juillet 2017. 
Les pompiers restent vigilants, au lendemain de l'incendie qui a touché la commune de Seillons-Source-d'Argens, dans le Var, le 26 juillet 2017.  (DOMINIQUE LERICHE / MAXPPP)

François Fouchier, délégué régional pour la région Provence-Alpes-Côte d’Azur du conservatoire du littoral, était l'invité de franceinfo mercredi pour évoquer les conséquences des incendies qui ravagent le Sud-Est de la France. 

Les départements du Sud-Est touchés par les violents incendies depuis lundi 24 juillet sont les Bouches-du-Rhône, le Var, le Gard, le Vaucluse, les Alpes-Maritimes et la Haute-Corse. Plus de 6 300 hectares de végétation ont été détruits par les flammes : "C'est un crève-coeur, c'est la désolation, je ne dirais pas que c'est un désastre écologique", a expliqué sur franceinfo François Fouchier, délégué régional pour la région Provence-Alpes-Côte d’Azur du conservatoire du littoral.

franceinfo : peut-on qualifier ces incendies de catastrophe écologique ?

François Fouchier : Les effets [de ces incendies] sont catastrophiques, on voit ces feux qui ravagent nos plus belles forêts, nos plus beaux espaces notamment les sites du conservatoire du littoral, qui sont les prunelles de nos yeux [...]. C'est un crève-coeur, c'est la désolation, je ne dirais pas que c'est un désastre écologique en tant que tel, l'écologie se construit sur des périodes plus longues [...] La biodiversité, comme une brûlure sur un corps humain, souffre et vit des stigmates extrêmement douloureux.

Est-ce la catastrophe la plus importante que la région ait connue ?

Il y a eu des étés plus graves dans le passé, la seule chose c'est que [...] les effets du changement climatique amplifient le nombre de départs de feux. Il fait plus chaud et il pleut moins. Nous avons eu depuis 2003/2006 des années assez pluvieuses au-delà des normes et des moyennes, et là, depuis deux ans, il ne pleut plus. Cette partie du Var a été très affectée avec des pluviométries qui se rapprochent des déserts arides, donc on est en dessous de 400 mm de pluie par an.

Combien de temps faudra-t-il pour réparer les dégâts ?

Quand vous avez un arbre qui a 50 ans, il faudra 50 ans pour qu'il puisse avoir le même aspect. Or, sur ces territoires, on n'avait pas connu d'incendie aussi généralisé et la beauté de ces sites était un émerveillement parce qu'on avait une canopée, un paysage lié à ces pins inimitables que sont les pins maritimes, les pins d'Alep. Là nous sommes sur un effet qui, pour les décennies à venir, marquera durablement ce territoire [...] L'expérience du conservatoire du littoral nous amène à revenir sur les efforts qu'on faisait il y 20 ans pour replanter [...] Il faut intervenir, nous allons reprendre la sécurisation de tous les sentiers, la canalisation de la fréquentation pour permettre la résilience de ces espaces naturels. Les substrats de sol, quand ils connaissent des incendies aussi violents, ont tendance à s'éroder. Donc avant les pluies d'automne, il faut créer des fascines, c'est-à-dire découper les arbres morts pour créer des petits barrages pour stabiliser les sols.

"Les effets sont catastrophiques, ces feux ravagent nos plus belles fôrets" François Fouchier, délégué régional pour la région Provence-Alpes-Côte d’Azur du conservatoire du littoral, à franceinfo.
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