Incendies : cinq innovations pour lutter contre les feux de forêt

Un drone utilisé par les pompiers aux Pennes-Mirabeau (Bouches-du-Rhône), le 28 avril 2014.
Un drone utilisé par les pompiers aux Pennes-Mirabeau (Bouches-du-Rhône), le 28 avril 2014. (BERTRAND LANGLOIS / AFP)

De nombreuses techniques, encore en phase de test, permettent aux pompiers de combattre les incendies. Franceinfo vous présente cinq d'entre elles. 

Deux avions Canadairs supplémentaires pour une situation exceptionnelle. La France a demandé deux appareils européens en soutien pour lutter contre les incendies qui se multiplient dans le sud-est du pays et ont ravagé plus de 3 000 hectares en deux jours, mardi 25 juillet.

Mais si ces appareils sont essentiels dans la lutte contre ces sinistres, tout comme l'intervention des pompiers au sol, de nombreuses innovations technologiques sont en cours de test pour mieux combattre les incendies. Franceinfo vous liste cinq d'entre elles. 

Des arbres résistants aux incendies

Un botaniste espagnol propose une idée innovante pour ralentir la propagation des incendies : planter des cyprès méditerranéens. "Le cyprès a un avantage : en cas d’incendie, il doit être soumis à une chaleur plus élevée, ou sur une durée plus longue, que les autres plantes arborescentes de la région méditerranéenne aride pour brûler", explique Gianni Della Rocca, chercheur italien, au journal La Voix du Nord.

Ces arbres ont des vertus impressionnantes : "Ils produisent une litière compacte qui retient l'humidité, détaille-t-il. Le feu ne peut pas se propager en surface, car l'inflammabilité de la litière par une chute de braises est pratiquement nulle."

Cette découverte a permis au projet européen "CypFire" de naître : il promeut la plantation de haies de cyprès dans les zones boisées à risque afin de ralentir la vitesse d'avancement des feux de faible intensité, en particulier les feux de surface. Des essais sont en cours, notamment en Italie, depuis 2015. "L'application effective doit encore être vérifiée strictement dans le milieu naturel", explique l'expert. 

Un robot capable de braver les flammes

Les sapeurs-pompiers de Paris se sont dotés d'un assistant personnalisé : Colossus. Ce robot a rejoint leur brigade en avril 2017. Fabriqué par Shark Robotic, il pèse 480 kg et est multifonction : il peut porter une demi-tonne de charge, tracter un tuyau rempli d'eau, localiser des corps grâce à sa caméra thermique et même repérer les fuites de gaz. 

Mais Le Figaro rapporte que de nombreuses améliorations restent à apporter à ce robot, penser d'abord pour lutter contre les sinistres en zone urbaine, avant de l'utiliser à grande échelle. Le bureau d'étude de la brigade aimerait voir une plus grande autonomie de l'engin - qui ne dispose que de cinq heures - et une civière pour porter les blessés est à l'étude. 

Des drones pour des missions de reconnaissance

Trois drones fabriqués en France, respectivement à Toulon, Aix et Mérignac, sont au service des pompiers des Bouches-du-Rhône et des Landes depuis 2014, selon Nice-Matin. En phase de test, ces robots équipés de caméras infrarouges permettent de visualiser les points chauds et les personnes présentes sur les lieux au moment d'un incendie.

Un drone utilisé par les pompiers aux Pennes-Mirabeau (Bouches-du-Rhône), le 28 avril 2014.
Un drone utilisé par les pompiers aux Pennes-Mirabeau (Bouches-du-Rhône), le 28 avril 2014. (BERTRAND LANGLOIS / AFP)

"Dans d'autres pays, certains sont capables de faire des largages de produits retardants, mais il faut être prudent", explique au quotidien le colonel Claude Picard, directeur du Ceren, le Centre d'essais et de recherches de l'Entente pour la forêt méditerranéenne. La principale difficulté étant de coordonner les vols de drones et de Canadair en simultané.

En Espagne, la société Singular Aircraft a même construit un gros hydravion sans pilote de 1 750 kg - le Flyox 1 - capable de larguer un peu plus de deux mille litres d'eau ou de produit retardant. 

Des casques à réalité augmentée

Avoir la possibilité de voir dans la nuit, a travers les flammes ou la fumée ? C'est le projet de l'Ecole polytechnique de Lausanne qui a dévoilé en juin 2016 Vizir, un prototype de casque à réalité augmentée. 

Le dispositif fonctionne grâce à une caméra infrarouge, fixée sur le casque, qui détecte des différences de température. Les images, projetées sur l'écran transparent des lunettes de réalité augmentée, se superposent avec celles captées par la caméra. 

Des pompiers suisses testent actuellement ce prototype lors de séances d'entraînement : "Au début, on ne sait pas très bien ce que l'on voit, si c'est la réalité ou pas, mais étonnamment la période d'adaptation est très courte, on intègre très facilement les deux visions superposées"décrit dans un communiqué Jean-Marc Pittet, le formateur de sapeurs-pompiers en Suisse qui a testé le Vizir.

Un exctincteur qui propulse du son 

De nouvelles formes d'extincteurs pourraient bien voir le jour. En 2016, deux étudiants de la George Mason University, en Virginie, ont mis au point un extincteur qui fonctionne avec du son. 

Selon le Huffington Post, les fréquences sonores de l'appareil oscillent entre 30 et 60 hertz, "l'équivalent d'une basse un peu lourde en hip-hop", et séparent l'oxygène de la flamme jusqu'à sa disparition. Selon ses concepteurs, cela pourrait être utile pour éviter d'asperger les arbres de produits chimiques ou de mobiliser trop de ressources d'eau dans les feux de forêts. Bien qu'en phase expérimentale, une caserne de pompiers près de Washington a proposé de l'essayer sur une structure plus importante.

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