Qui sont les victimes de l'incendie meurtrier à Paris ?

La police et les pompiers interviennent sur le lieu d\'un incendie meurtrier à Paris, le 5 février 2019.
La police et les pompiers interviennent sur le lieu d'un incendie meurtrier à Paris, le 5 février 2019. (MUSTAFA YALCIN / ANADOLU AGENCY / AFP)

Dix personnes ont perdu la vie dans le violent incendie survenu dans la nuit de lundi à mardi 5 février, rue Erlanger, dans le 16e arrondissement de la capitale.

L'enquête se poursuit après l'incendie criminel qui a fait dix morts dans le 16e arrondissement de Paris, dans la nuit de lundi à mardi 5 février. Le profil psychiatrique de la principale suspecte, une habitante de l'immeuble encore récemment hospitalisée, est au centre des interrogations, alors que la sécurisation du bâtiment vient d'être achevée pour permettre les investigations. Voici ce que l'on sait des victimes.

Six des dix morts identifiés

Les enquêteurs ont identifié six des dix personnes qui ont perdu la vie dans le drame de la rue Erlanger, a annoncé le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, mercredi 6 février. L'incendie, le plus meurtrier dans la capitale depuis plus de 14 ans, a également fait 96 blessés. "Une personne est toujours dans un état d'urgence absolue", a précisé Rémy Heitz.

Radia Benaziez

Radia Benaziez figure parmi les dix personnes tuées dans l'incendie de la rue Erlanger, rapporte Le Parisien mercredi 6 février. Cette architecte de 39 ans avait étudié à l'école polytechnique d'architecture et d'urbanisme d'Alger avant de venir habiter en France. En 2015, elle s'était installée à son compte. Elle travaillait depuis son appartement de l'immeuble incendié. "C'était une femme géniale et lumineuse, témoigne un membre de sa famille. C'était à chaque fois un plaisir de la rencontrer. Elle laissera un souvenir indélébile. On a encore du mal à réaliser son absence."

Jonathan Jouclas

La mort de Jonathan Jouclas a été annoncée par son père sur Facebook, mercredi 6 février. Patrick Jouclas était sans nouvelles de son fils de 26 ans, qui habitait au 7e étage de l'immeuble, depuis près de 48 heures. "Il a été retrouvé dans sa chambre, certainement que son habitude de jouer en ligne avec un casque sur les oreilles l'a empêché d'entendre les alarmes à temps... écrit le médecin. Nous avons vécu deux jours horribles peut-être inutilement puisqu'il n'a jamais pu quitter sa chambre."

Patrick Jouclas avait lancé un appel sur les réseaux sociaux pour retrouver son fils Jonathan. Il espérait que le jeune homme ait été admis, inconscient, dans un service de réanimation d'un hôpital. "En tout cas, je pense que cette catastrophe soulèvera un certain nombre de questions sinon de responsabilité dans la gestion de cette meurtrière par l'ensemble de la force publique", conclut Patrick Jouclas sur Facebook.

Pascale Coget

Selon Le Parisien, Pascale Coget figure parmi les victimes de l'incendie. Cette quinquagénaire avait créé et dirigeait une fondation pour les jeunes boursiers méritants. "Pascale était une directrice adorable, chaleureuse, pleine d'attention et de délicatesse, décrit une bénévole. Elle a toujours été gentille et à l'écoute. Pascale ne faisait pas économie de son temps. Je crois savoir qu'elle n'a même pas pris de vacances l'année dernière." En 2017, elle avait été décorée de l'Ordre national du mérite en tant que "directrice d'une fondation reconnue d'utilité publique", précise le quotidien.

Miriam Irainat

Miriam Irainat, 23 ans, a été prise au piège par les flammes dans son appartement du 6e étage de la rue Erlanger, rapporte également Le Parisien. Née à Nice, cette jeune femme d'origine marocaine avait grandi à Montpellier (Hérault) et vécu un an à Dijon (Côte-d'Or), avant de venir finir ses études à Paris. "Elle était encore à fond dans ses études, elle n'a rien vu de la vie, déplore son cousin Yassine Irainat, interrogé par le quotidien. C'était notre fierté."

Après le départ du feu, Miriam Irainat a tenté à six reprises de joindre sa mère, sans succès. Ses proches se sont précipités à Paris dès mardi pour tenter de retrouver la jeune femme, mais son nom ne figurait ni sur la liste des blessés, ni sur celle des morts. Ce n'est que mercredi soir que les autorités ont annoncé son décès à la famille, après avoir identifié son corps grâce à une analyse ADN, précise Le Parisien. La dépouille de Miriam Irainat doit être rapatriée au Maroc dans les prochains jours.

Des disparus recherchés

Plusieurs personnes sont recherchées par leurs proches, deux jours après le drame. Ben Hanau indique sur Twitter qu'il est sans nouvelle de Marie Ravena Allas, 45 ans, et de son fils Adel, 16 ans. Ils habitaient au 6e étage de l'immeuble incendié.

Le Parisien a par ailleurs interrogé les proches d'une habitante de 31 ans, présentée dans l'article sous le pseudonyme de "Marie". Elle résidait au 8e étage et a appelé sa mère dans la nuit du lundi 4 au mardi 5 février, alors que l'incendie s'était déjà déclaré. "Elle est restée en ligne avec elle durant de longues minutes, jusqu'à ce que la communication ne coupe subitement", raconte l'oncle de la jeune femme.

Marie avait envisagé de se rendre sur le toit de l'immeuble, mais un pompier du centre de régulation l'en a dissuadée. "Son appartement se situe là où le feu était le plus dense, au bout d'un long couloir, précise son oncle. C'était une vraie souricière." La mère de la jeune femme, qui s'est rendue sur le lieu de l'incendie après l'avoir eue au téléphone, n'a pas vu les pompiers évacuer sa fille. Elle reste sans nouvelles de Marie depuis la nuit du drame.

"Nous comprenons bien qu'une identification formelle prenne du temps. Mais nous demandons simplement à savoir si un corps a été retrouvé dans cet appartement précis : on nous répond que personne ne le sait, précise la famille de la jeune femme. Nous pensons à 90% qu'elle n'a pas survécu. Mais la colère est en train de nous gagner. Nous avons l'impression d'un énorme décalage entre les discours et les actes. C'est un manque total de respect de notre douleur."

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