Incendie meurtrier à Paris : "C'est une dame qui boit, qui a des problèmes et qui a besoin d'argent tout le temps"

L\'immeuble incendié de la rue Erlanger, dans le 16e arrondissement de Paris, le 5 février 2019.
L'immeuble incendié de la rue Erlanger, dans le 16e arrondissement de Paris, le 5 février 2019. (BENOÎT MOSER/BSPP)

Lucien Saadoun connaît la suspecte : elle a tenté de mettre le feu à son magasin, situé près de l'immeuble incendié, en juillet 2016.

"On connaissait cette dame parce qu'on la voyait souvent dans notre rue. C'est une dame qui boit, qui a des problèmes et qui a besoin d'argent tout le temps", a confié mercredi 6 février à franceinfo Lucien Saadoun, gérant de deux boutiques de vêtements du 16e arrondissement de Paris, à propos de la principale suspecte de l'incendie qui a fait 10 morts et 96 blessés dans la nuit de lundi à mardi.

Lucien Saadoun connaît plus particulièrement la quadragénaire car il a déjà eu affaire à elle. En juillet 2016, cette dernière avait, selon lui, mis le feu à l'un de ses magasins : "Elle est venue dans notre boutique afin de nous piller la caisse", poursuit Lucien Saadoun. "Elle a mis le feu à trois endroits différents pour occuper ma vendeuse. Mais ma vendeuse a tout de suite réagi. Elle a sauté sur elle pour ne pas qu'elle puisse ouvrir la caisse. Finalement, [la femme] s'est sauvée et ma vendeuse a constaté les flammes qui commençaient à monter. Elle a pris l'extincteur et nous a appelés de l'autre boutique. On a tous accouru, on a éteint l'incendie, les pompiers sont venus. On a pu la repérer et donner ses coordonnées à la police qui l'a arrêtée", se souvient le gérant.

Trois plaintes classées sans suite

"On a eu des dégâts au niveau des vêtements et du mobilier mais [là] ce n'est plus du mobilier et des vêtements, ce sont des êtres humains", a-t-il conclu en référence à l'incendie meurtrier de Paris.

La femme interpellée, qui présente des antécédents psychiatriques, a déjà fait l'objet de trois plaintes : l'une concernait l'incendie de la boutique de Lucien Saadoun. Toutes les trois ont été classées sans suite (deux en raison de son état mental déficient et une en raison d'infraction insuffisamment caractérisée, pour la dernière affaire qui concernait des violences conjugales). 

Vous êtes à nouveau en ligne