Incendie dans les Pyrénées-Orientales : "Le mois d'août va être plus sec et si on a de gros vents, on peut avoir des catastrophes"

Un pompier intervient lors d\'un incendie près de Perpignan (Pyrénées-Orientales), le 25 juin 2012. 
Un pompier intervient lors d'un incendie près de Perpignan (Pyrénées-Orientales), le 25 juin 2012.  (PHILIPPE ROUAH / MAXPPP)

Après un incendie qui a entrainé la fermeture de l'A9 à la frontière avec l'Espagne, le chef d'état-major de la zone Sud des sapeurs-pompiers revient sur l'origine du feu et faitpart de ses craintes pour le mois d'août. 

Après un incendie samedi près de la frontière française qui a entrainé la fermeture pendant plusieurs heures de l'autoroute A9, "une enquête est en cours", a déclaré le contrôleur général François Pradon, chef d’état-major de la zone Sud des sapeurs-pompiers, sur franceinfo dimanche 5 août. Les flammes ont détruit 3 000 mètres carrés de végétation à la frontière espagnole.

Les pompiers des Pyrénées-Orientales restent en alerte, le département est placé depuis samedi en vigilance exceptionnelle feux de forêt. "Le mois d’août va être plus sec" que le mois de juillet et "si on a des périodes de gros vents comme l’an dernier, on peut avoir des catastrophes", a prévenu François Pradon.

franceinfo : Qu’est ce qui a déclenché cet incendie ?

François Pradon : Une enquête est en cours, mais 3 000 mètres carrés de végétation en feu, cela forme de la fumée qui est venu sur l’autoroute. Donc par précaution, nous avons fermé l’autoroute avec les autorités espagnoles. Elle a pu rouvrir en début de soirée. 

Les Pyrénées-Orientales sont en vigilance exceptionnelle feux de forêt depuis samedi. La situation est-elle dangereuse ?

Si le mois de juillet était plutôt tranquille parce que les conditions météo étaient plutôt favorables à ce moment-là, aujourd’hui avec la canicule et les grosses journées de sécheresse, on est dans une situation pratiquement comme l’année dernière, il faut donc redoubler de vigilance. Toute la partie Languedoc et basse vallée du Rhône est en sécheresse très délicate. Pour le Var, les Bouches-du-Rhône et la Corse, c’est plus arrosé, donc on est encore un peu tranquille sur le plan des incendies dans ces secteurs.

Cette vigilance exceptionnelle dans les Pyrénées-Orientales signifie que les chemins forestiers sont interdits, même aux piétons ?

Y compris dans d’autres départements, sur l’Aude et sur l’Hérault, c’était délicat. Les préfectures commencent [dimanche] à mettre des interdictions de pénétration dans les massifs. Il faut toujours se renseigner sur les sites des préfectures. Et puis, le vent est un facteur aggravant, mais au départ, l’éclosion de l’incendie est souvent causée par la main de l’homme, par inadvertance. On ne jette pas les mégots par la fenêtre de la voiture, on n’utilise pas de feux en forêt.

Il n'y a pas de gros incendies depuis le début de l’été en France, comment cela s’explique ?

Par deux phénomènes : premièrement, il y a eu beaucoup de pluie au printemps avec des orages au mois de juillet qui ont entretenu la végétation dans une position assez verte et une absence de gros vent. Le mois d’août va être plus sec et si on a des périodes de gros vents comme l’an dernier, on peut avoir des catastrophes.

L'été dernier, il y a eu 4 000 feux, 25 000 hectares partis en fumée. Comment on se prépare aux incendies ?

On s’y prépare bien en amont. Des préventions sont faites depuis le mois de janvier, avec du débroussaillement. On a de la surveillance, des patrouilles, soit à pied, soit en véhicule, soit à cheval, soit avec des avions. La politique de la France, c’est toujours d’éteindre les feux naissants avant qu’ils ne deviennent catastrophiques. En ce moment, les conditions sont positives pour la lutte. Il y aura peut-être des conditions plus difficiles en août ou en septembre, s’il ne pleut pas d’ici là.

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