Incendie dans le Gard : "Ça a été un feu très compliqué" à gérer

Un bombardier Dash 8 au dessus de l\'incendie qui a frappé la commune de Générac, dans le Gard, le 30 juillet 2019.
Un bombardier Dash 8 au dessus de l'incendie qui a frappé la commune de Générac, dans le Gard, le 30 juillet 2019. (FARINE VALERIE / MAXPPP)

Le lieutenant-Colonel Michel Cherbetian, chef de groupement opérations au SDIS du Gard, explique, mercredi sur franceinfo, que sans l'aide des départements voisins, il aurait été plus compliqué de gérer l'incendie qui a frappé Générac, dans le Gard.

A Générac dans le Gard, 488 hectares ont été détruits, mardi 30 juillet, par un incendie. Le feu ne progresse plus, mais 350 pompiers sont encore sur place. Le lieutenant-Colonel Michel Cherbetian, chef de groupement opérations au SDIS du Gard, est revenu, mercredi pour franceinfo, sur cet incendie ainsi que sa gestion par les secours.

franceinfo : Avez-vous rencontré des difficultés pour gérer cet incendie, qui ne progresse plus, à Générac ?

Michel Cherbetian : Cela a été un feu très compliqué, dans un vent tourbillonnant avec des températures très élevées et une hydrométrie très basse. Malgré cela nous sommes arrivés à protéger l'ensemble des habitations qui ont été menacées. 190 personnes ont été évacuées et nous avons protégé beaucoup d'exploitations agricoles ainsi que leurs animaux. Au départ du feu, un centre équestre nous a posé quelques difficultés, mais nous avons réussi à sauver tous les chevaux. Les moyens départementaux n'étaient pas suffisants hier et la zone de défense a parfaitement joué son rôle en envoyant beaucoup de renforts depuis d'autres départements qui n'étaient pas touchés. Nous avons aussi la chance d'avoir la base Canadair, à Garons. Ce ne sont pas moins de 12 avions au plus fort du feu qui étaient disponibles pour nous. Cela a été une chance. S'il y avait eu d'autres feux dans d'autres départements, nous n'aurions pas bénéficié de la totalité des avions.

Le Gard est-il un département particulièrement à risque en ce moment ?

Oui, particulièrement dans la zone Camargue qui est très très sèche. La végétation a beaucoup souffert pendant la canicule. C'est l'endroit où on a pratiquement eu le record de France de température, et aujourd'hui on subit les conséquences de cette sécheresse. L'herbe a beaucoup poussé au printemps, maintenant elle est très sèche et elle propage l'incendie de façon très rapide. Nous avons eu des petits orages la semaine dernière, mais très peu. Certaines zones du département n'ont pas été touchées. Il n'y a pas d'humidité. Lorsqu'on arrive comme hier après-midi à des températures supérieures à 35°C et une hydrométrie autour de 20%, la végétation est comme de l'hydrocarbure, la moindre étincelle peut l'enflammer.

D'autres régions en France ont été touchées par les incendies, notamment l'Eure et les Hauts-de-France. Pour eux, c'est nouveau. Existe-t-il un facteur de surprise et de nouveauté ?

Je pense qu'avec la sécheresse de cette année, de nombreux départements sont exposés aux feux de végétation. Ils sont en effet un peu moins aguerris, car jusqu'à maintenant c'est des départements où il y a plutôt de l'humidité et des orages en été. Comme il a très peu plu dans certains endroits, ils sont soumis aux mêmes risques que nous avec des feux compliqués. Il y a toujours une balance des moyens, une anticipation à faire. Il faut calculer où va le feu pour pouvoir envoyer des camions en avance et l'attendre au bon endroit. Je voudrais appeler à la prudence de l'ensemble de la population, de la région du Sud notamment, parce qu'il y a encore des risques. Ne fumez pas en forêt, ne jetez pas vos mégots, ne faites pas de barbecue, parce qu'aujourd'hui la végétation est vraiment prête à s'enflammer. On a besoin de cette prévention pour parfaire la lutte.

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