Réouverture partielle de Lubrizol : "On a perdu la tête, cela manque de bon sens", déplore l'Association des sinistrés

Le Comité départemental de l\'environnement et des risques sanitaires et technologiques a émis un avis positif à un projet de réouverture partielle de l\'usine chimique Lubrizol.
Le Comité départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques a émis un avis positif à un projet de réouverture partielle de l'usine chimique Lubrizol. (LOU BENOIST / AFP)

Simon de Carvalho, co-président de l’Association des sinistrés de Lubrizol, réagit à l'avis favorable émis par le Comité départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques pour la réouverture partielle de l'usine Lubrizol.

L'usine Lubrizol pourrait rouvrir partiellement après l'avis favorable émis par le Comité départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst). Le préfet annonce qu'il suivra cet avis. "On a perdu la tête", a réagi mercredi 10 décembre sur franceinfo Simon de Carvalho, co-président de l’ASL (association des sinistrés de Lubrizol).

franceinfo : Que pensez-vous de cette décision ?

Simon de Carvalho : On a perdu la tête. Cela manque de bon sens. Le site est toujours très toxique, la dépollution est en cours, il n'y a aucun réaménagement qui a été effectué. On aimerait bien avoir l'avis de l'inspection de travail pour les salariés qui vont devoir aller sur ce site.

L'usine est fermée depuis fin septembre. Est-ce qu'il y a encore des odeurs ?

Oui, il y a toujours des odeurs sur place. Les riverains se plaignent toujours. Cela va au gré des vents, donc cela se déplace et la population est très inquiète. Il n'y a toujours pas de plan de santé prévu et quand on voit les analyses de l'amiante faites sur site, elles posent questions.

Qu'est-ce-qui vous inquiète exactement ?

Ce qui est inquiétant, c'est qu'on a une enquête en cours, que l'usine n'a pas respecté les règles et qu'elle reprend l'activité comme si rien ne s'était passé. Cela n'est pas envisageable. Lorsqu'il y a eu ce feu, il n'y a eu aucun moyen pour l'éteindre. Donc, si demain il y a un incendie, on ne va pas encore apprendre qu'il n'y a pas de quoi éteindre. Il faut des garanties de sécurité. Nous habitons au pied de cette usine.

Les autorités communiquent-elles suffisamment ?

Il y a eu la création d'un comité de la transparence, tellement la communication a été exécrable. Mais, il n'y a pas de comptes rendus qui sont faits. Il y n'y a pas d'échange. On voit juste unilatéralement le préfet qui parle sur des diapositives et qui indique que tout va bien. Or, il y a toujours ces odeurs, ces toxicités et sur ce qui s'est passé ce 26 septembre. Pourquoi a-t-on été prévenu à 7h50 alors que cela prenait feu depuis 2h30 ? La population n'est pas prête. Il faut d'abord apporter des garanties avant de rouvrir cette usine, c'est le minimum.

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