Feux de forêt : "Les sanctions en cas de négligence sont insuffisantes"

Un pompier face aux flammes, le 11 août 2016, dans le 15e arrondissement de Marseille (Bouches-du-Rhône).
Un pompier face aux flammes, le 11 août 2016, dans le 15e arrondissement de Marseille (Bouches-du-Rhône). (MAXPPP)

Jacky Bonnemains, porte-parole de l'association Robin des Bois, a appelé, jeudi sur franceinfo, à la vigilance en cette période estivale où la main de l'homme, par négligence, est souvent à l'origine de départ d'incendies.

Depuis début mai, 2 000 hectares de forêts sont partis en fumée. À l'origine de ces incendies, on retrouve bien souvent l'homme. "On déplore l'insuffisance des sanctions en cas de négligence", a regretté, jeudi 13 juillet sur franceinfo, Jacky Bonnemains, porte-parole de Robin des Bois. Le représentant de l'association de défense de l'environnement a aussi plaidé en faveur d'une prévention renforcée.

franceinfo : Pourquoi lancez-vous un appel à la prudence pour tenter de limiter la multiplication des incendies de forêts ?

Jacky Bonnemains : Cela fait cinq ans qu'on suit cette évolution. Il y a eu près de 200 départs de feux depuis le mois de mai. Le sud de la France est touché, mais aussi des villes comme Fontainebleau ou dans des cultures. Ces incendies sont dus à un ensemble de négligences, qui n'impliquent pas que les touristes. Les agriculteurs peuvent mal régler leur moissonneuse, ou encore l'armée qui est responsable, sur les 2 000 hectares partis en fumée depuis mai, de la combustion de 1 000 hectares.

Il y a aussi une méconnaissance des risques liés à la forêt. C'est le cas surtout en été, quand il y a des migrations intérieures avec des gens des villes, avec des étrangers venus du nord qui ne connaissent pas le sud. Le premier conseil, que l'on peut donner aux gens, est de se renseigner. Il faut demander où sont les voies de sorties en cas d'incendie. On pourrait presque ordonner aux gens de ne pas partir en voiture à l'aventure, car c'est là qu'il y a le plus de morts pendant les incendies de forêts.

Pourquoi préconisez-vous l'interdiction des feux d'artifices et des lanternes thaïlandaises ?

Les feux d'artifices sont polluants, mais ce n'est pas la première raison. On demande aux préfets leur interdiction, car on constate que c'est une négligence. Souvent, ce sont des fusées de détresse qui retombent alors qu'elles sont encore incandescentes. Dans un endroit sec, dans un climat sec, comme aujourd'hui, le feu parcourt 30 mètres en 30 secondes. Ensuite, c'est fini pour le rattraper. On demande aussi l'interdiction des lanternes volantes, dites "lanternes magiques du bonheur". Elles sont utilisées pour les mariages et les anniversaires. C'est une catastrophe, car il y a une luciole à l'intérieur. Il y a un risque, quand elle retombe dans la forêt, d'initier un incendie. Certains préfets ont interdit ces lanternes.

Avez-vous le sentiment que les appels à la prévention et au civisme lancés par le service de l'État ne sont pas entendus ou insuffisants ?

Oui, c'est insuffisamment entendu. On remarque et on déplore l'insuffisance des sanctions en cas de négligence. Il y a trois, quatre ans, un couple de personnes a fait brûler 80 hectares d'une forêt, dans le sud, près de Carcassonne, par négligence, à cause d'un barbecue. Ils ont écopé de cinq ans de prison avec sursis. Ce n'est pas assez.

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