Ce que l'on sait de l'incendie qui a fait trois morts dans le 11e arrondissement de Paris

Les pompiers de Paris interviennent lors d\'un incendie mortel rue de Nemours, dans le 11e arrondissement, le 22 juin 2019.
Les pompiers de Paris interviennent lors d'un incendie mortel rue de Nemours, dans le 11e arrondissement, le 22 juin 2019. (PLY KARIM / POMPIERS DE PARIS)

"Le bilan aurait pu être bien plus lourd si les gens n'avaient pas respecté les consignes de prévention", a assuré le capitaine Lointier, officier de communication des sapeurs-pompiers de Paris à franceinfo.

Trois personnes ont été tuées et une autre grièvement blessée dans un incendie survenu dans un immeuble du 11e arrondissement de Paris, rue de Nemours, vers 5 heures du matin, samedi 22 juin. Vingt-sept personnes, dont un pompier, ont également été légèrement blessées, intoxiquées par les fumées dégagées par le feu. Ce dernier a été maîtrisé par les pompiers en début de matinée. Voici ce que l'on sait de ce sinistre.

Le feu a pris dans une cage d'escalier, un restaurant et un hammam

"Vers 5h05 du matin, des gens ont crié au feu et l'alarme incendie de ma copine a sonné", raconte Sébastien, 25 ans, qui passait la nuit chez sa compagne, interrogé par Le ParisienLes pompiers de Paris ont alors fait face à un incendie d'une intensité "très importante", explique le capitaine Florian Lointier. "On a été réveillé par l'odeur, décrit Jérôme, un riverain. On a vu une énorme colonne de fumée noire s'échapper." Cette colonne de fumée est visible sur les images amateur ci-dessous.

"Le feu a pris dans une cage d'escalier, dans un restaurant et dans un hammam principalement, précise le capitaine Florian Lointier. Les fumées sont montées sur le premier immeuble de six étages et ensuite sur deux autres immeubles." Les 200 soldats du feu déployés sur place ont dû faire face à des fumées et gaz chauds mais aussi "des arcs électriques dès le début de l'intervention", compliquant leur travail.

Trois personnes sont mortes mais "le bilan aurait pu être bien plus lourd"

Parmi les trois victimes, une jeune femme s'est défenestrée. Les deux autres personnes ont été retrouvées dans leur appartement. "Le bilan aurait pu être bien plus lourd, estime le capitaine Florian Lointier. Là, les gens ont écouté les conseils de prévention qui étaient de rester confinés chez eux et d'attendre que les pompiers viennent les chercher. Ça a demandé un travail conséquent pour les pompiers de Paris en terme de sauvetage et de mise en sécurité puisqu'on a une vingtaine de personnes qui ont été sauvées des flammes dans leur appartement."

"L'immeuble était en travaux, ils refont les façades et ça nous a permis de nous échapper par les échafaudages et les toits, raconte au Parisien Sébastien. On a alors vu des pompiers qui nous ont fait descendre par un autre immeuble où on a attendu." Les habitants de l'immeuble qui n'ont pas été blessés ont été pris en charge par la protection civile. "La mairie est en train de prendre le relais", a indiqué sur franceinfo François Vauglin, le maire du 11e arrondissement de Paris.

Les pompiers sont toujours sur place "pour éviter que le feu ne reprenne"

L'incendie a été maîtrisé en début de matinée. "Mais il y a encore des points chauds, a détaillé François Vauglin. Les pompiers utilisent des caméras thermiques pour observer notamment les câbles électriques et les gaines afin de s'assurer qu'il n'y ait pas de risque de reprise." "Ils font actuellement un travail très fin pour dégarnir, gratter les poutres pour éviter que le feu ne reprenne, sur trois cages d'escalier différentes, a précisé le capitaine Florian Lointier. Le travail est très long et très complexe."

L'origine du sinistre est inconnue à ce stade

Concernant les origines de l'incendie, "aucune piste" n'est pour l'heure privilégiée, a assuré le capitaine Florian Lointier. L'immeuble touché "ne posait pas de problème structurel à ce stade de mes connaissances", a expliqué pour sa part François Vauglin. Le bâtiment n'est pas vétuste, a ajouté la maire de Paris, Anne Hidalgo : "On n'est pas dans de l'habitat dégradé." Le laboratoire central de la préfecture de police est sur place pour mener l'enquête et procéder aux premières constatations.

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