Il y a 20 ans, Human Bomb prenait en otage des enfants à Neuilly

(STR News Reuters)

Le 13 mai 1993, un homme seul avait pris en otage une classe dans une maternelle de Neuilly-sur-Seine. Son surnom, "HB", pour "Human Bomb". La France, sous le choc, avait suivi en direct le déroulement de cette affaire jusqu'à son dénouement. C'était il y a vingt ans.

Pendant près de deux jours, l'école maternelle Commandant-Charcot a été l'objet de tous les regards en France. Il y a vingt ans, le jeudi 13 mai 1993, un homme casqué et vêtu d'une combinaison déboule vers 9h30 dans la salle de classe où 21 enfants suivent les cours de leur institutrice, Laurence Dreyfus. Armé et muni d'un sac bourré d'explosifs, il menace de tout faire sauter.

En 1993, Suzanne Soulhié était la directrice de l'école maternelle Commandant-Charcot, elle se souvient encore de l'irruption de l'institutrice affolée dans son bureau : *"Elle m'a  dit, 'il y a un monsieur dans ma classe'. Sur place, j'ai vu cet homme casqué, il avait un revolver et devant lui une sorte de détonateur" * .

Les Français découvrent alors "Human Bomb", ou "HB", nom que le preneur d'otages se donne. Au civil, on découvrira plus tard qu'il s'agit d'Erick Schmitt, un ancien chef d'entreprise en informatique au chômage, dépressif, âgé de 42 ans. Des dizaines de journalistes campent devant l'école évacuée, alors que d'intenses négociations commencent.

Deux jours de tension

Des enfants otages, dans les Hauts-de-Seine, le fief du ministre de l'Intérieur Charles Pasqua, et à Neuilly, ville dirigée par Nicolas Sakozy, ministre du Budget et bras droit du Premier ministre Edouard Balladur : tous les ingrédients sont réunis pour que cette affaire ait un retentissement national.

Petit à petit, 15 enfants sont libérés, mais six autres restent enfermés dans la salle de classe et y passent la nuit. Tour à tour, Nicolas Sarkozy, Jean-Pierre About, journaliste à TF1, et le procureur tentent de négocier avec le forcené, auteur d'un attentat dans un parking à Neuilly quelques jours auparavant. Mais s'il se montre gentil avec les enfants, la détermination d'Erick Schmitt semble inflexible.

Après deux jours de tension, le Raid est prêt à agir. Cette unité d'élite de la police est sur les lieux depuis le début de la prise d'otages et attend les ordres. Jean-Claude Borel-Garin, alors numéro 2 du Raid, a l'idée de mettre des somnifères dans le café d'Erick Schmitt

Discrètement, les forces de l'ordre ont introduit des micros dans la classe et savent en temps réel ce qui se dit et ce qui se passe. Au petit matin du samedi, l'homme s'assoupit et le Raid lance l'assaut. Prévenus, l'institutrice et les médecins installés avec les enfants les ont fait se mettre sous leurs matelas, "pour jouer aux tortues" et les protéger en cas d'explosion. Trois coups de feu sont tirés, l'homme est abattu et les enfants libérés.

"Force reste à la loi, le forcené est mort", annonce Charles Pasqua. S'ensuivra une polémique, certains accusant la police d'avoir exécuté "Human Bomb". La justice tranchera par un non-lieu. 20 ans plus tard, la France se souvient de ce fait divers qui a fait d'une école maternelle le centre d'attention du pays 46 heures durant.