Description du suspect, premiers éléments de l'enquête... Ce que l'on sait de l'explosion qui a fait 13 blessés dans le centre de Lyon

Des policiers dans une la rue Victor-Hugo, dans le 2e arrondissement de Lyon, après une explosion survenue le 24 mai 2019.
Des policiers dans une la rue Victor-Hugo, dans le 2e arrondissement de Lyon, après une explosion survenue le 24 mai 2019. (NICOLAS LIPONNE / NURPHOTO / AFP)

Un homme est activement recherché par la police depuis hier soir. Il est soupçonné d'avoir déposé un colis piégé devant la boulangerie La Brioche dorée, peu avant l'explosion.

Un colis piégé a explosé dans le centre-ville de Lyon à 17h28, vendredi 24 mai, faisant 13 blessés légers, dont une enfant de dix ans. La section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie de l'affaire et une enquête pour "association de malfaiteurs terroriste et criminelle" et "tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste" a été ouverte, a annoncé samedi le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz.

Où l'explosion s'est-elle produite ?

L'explosion a eu lieu dans la rue Victor-Hugo, une artère piétonne dans le centre-ville de Lyon, devant la boulangerie La Brioche dorée, qui se situe dans le 2e arrondissement. Le lieu de l'explosion se trouve à quelques pas de la place Bellecour.

L\'explosion a eu lieu à la Brioche dorée, rue Victor-Hugo, à Lyon, vendredi 24 mai. 
L'explosion a eu lieu à la Brioche dorée, rue Victor-Hugo, à Lyon, vendredi 24 mai.  (GOOGLE MAPS)

"La police a mis en place un périmètre de sécurité de quelques centaines de mètres pour permettre à la police scientifique" de travailler, précise Denis Broliquier, maire du 2e arrondissement de Lyon. Les immeubles à proximité du lieu de l'explosion "sont toujours habités" et l'hôtel en face de la boutique visée "n'a pas été évacué".

Que s'est-il passé ?

Le colis piégé a explosé à 17h28, selon le procureur de la République. C'est un sac en papier kraft posé sur une borne en béton à proximité de la boulangerie La Brioche dorée qui contenait l'engin artisanal et la charge explosive chargée de projeter billes en métal, vis de 2 cm et des piles.

Que sait-on du suspect ?

Un homme a été filmé par des caméras de vidéosurveillance à 17h19 quai Claude-Bernard. A 17h25, il arrive à pied rue Victor-Hugo en marchant à côté de son vélo. Il a été vu en train de déposer le sac en papier kraft devant la boutique à 17h26, avant de repartir à vélo par le même itinéraire que celui de sa venue. Les caméras le perdent de vue "à hauteur de l'université", selon le maire de Lyon Gérard Collomb.

Ce suspect, décrit par une source policière comme un homme d'une trentaine d'années, vêtu d'une chemise vert foncé et d'un bermuda vert clair, est recherché par la police. Il portait aussi une casquette kakie, des lunettes noires dissimulant son visage, un sac à dos noir et des chaussures noires. La police a lancé un appel à témoins pour localiser cet "individu dangereux", plusieurs dizaines de témoignages ont été reçus et sont "en cours d'exploitation", selon le procureur de la République. Ce dernier n'a reçu pour l'instant "aucune revendication".

Quels sont les premiers éléments de l'enquête ?

"Un dispositif de déclenchement à distance a été retrouvé sur place", selon le procureur de la République. Quelque 90 enquêteurs et 30 techniciens de la police scientifique et 20 enquêteurs de la brigade de recherche locale sont mobilisés. L'enquête a été confiée à la Direction centrale de la police judiciaire et à la DGSI, la Direction générale de la sécurité intérieure, le tout coordonné par la SDAT, la Sous-direction anti-terroriste.

Le périmètre de sécurité, qui avait établi vendredi soir sur le site de la déflagration, a été levé dans la nuit de vendredi à samedi. "La police scientifique, la police technique a travaillé toute la nuit [de vendredi à samedi]. Il était important pour nous, pour les Lyonnaises et les Lyonnais, que ce périmètre soit levé pour que cette ville reprenne une vie normale", a déclaré sur franceinfo David Kimelfeld, président de la métropole de Lyon.

Samedi après-midi, franceinfo a appris, de source proche du dossier, que de l'explosif de type TATP a été retrouvé. Par ailleurs, les enquêteurs ont pu isoler une trace d'ADN, mais rien ne permet de dire pour le moment qu'il est bien celui de l'auteur présumé de l'attaque.

Y a-t-il des blessés ?

Il y a pour l'heure 13 blessés légers, dont une enfant de 10 ans. Onze d'entre eux ont été hospitalisés et cinq l'étaient encore samedi matin selon les informations de France 2. Certains devront subir des interventions chirurgicales pour ôter les débris qui les ont blessés lors de l'explosion. "Fort heureusement, toutes leurs blessures sont très légères", a assuré vendredi sur franceinfo Jean-Yves Sécheresse, adjoint au maire de Lyon délégué à la sécurité. "Concernant les blessures, c’étaient des petits impacts sur les membres inférieurs, causés par des petites vis de 1cm de long et des petites billes de 2 millimètres de diamètre", a précisé un pharmacien témoin de l'explosion.

Sylvie Meyran, chef de service des urgences de l'hôpital Saint-Joseph Saint-Luc, a indiqué, samedi matin, que son service avait accueilli 5 des 13 blessés et que deux patients étaient encore hospitalisés dans ce service. "Le pronostic vital n'est pas engagé. On espère une sortie rapide du service", a-t-elle également déclaré.

Quelles sont les réactions politiques ?

De retour d'un voyage au Japon, le maire de Lyon Gérard Collomb a fait part, samedi matin, de sa "profonde émotion" et de sa "surprise". "Cette attaque est pour moi incompréhensible. (...) On n'a jamais connu de phénomène comme celui-ci", a déclaré l'ancien ministre de l'Intérieur, remarquant que Lyon était une ville "paisible" et "calme".

Emmanuel Macron, interviewé par le youtubeur HugoDécrypte, a parlé d'une "attaque".

HUGODECRYPTE / YOUTUBE

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a réagi sur Twitter en disant qu'il avait adressé des consignes de vigilance à l'ensemble des préfets pour "renforcer la sécurité des sites accueillant du public et des événements sportifs, culturels et cultuels." Christophe Castaner précise aussi qu'il "suit la situation en lien avec la préfecture du Rhône et le parquet".

Le président de la métropole de Lyon, David Kimelfeld, a réagi sur Twitter en annonçant qu'il se rendait sur place. L'élu a adressé toutes ses "pensées aux blessés et aux équipes de secours". "Nous sommes inquiets quand il se passe ce genre d'attaque. Mais il faut rester prudent et ne pas affoler la population lyonnaise", a-t-il déclaré à BFMTV vendredi.

Denis Broliquer, le maire du 2e arrondissement de Lyon, a également assuré sur la chaîne d'information que "tous les plans ont été déclenchés au maximum."

Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national, a réagi sur Twitter. Elle affirme "apporter son soutien aux blessés dans l'explosion survenue à Lyon" que la députée qualifie d'"attentat terroriste".

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