VIDEO. Les images de la prison d'où Rédoine Faïd s'est évadé toujours visibles sur Google

Les images aériennes du centre pénitentiaire de Réau d'où Rédoine Faïd s'est échappé en hélicoptère posaient une question de sécurité. La ministre de la justice a donc écrit à Google mais les images sont toujours visibles sur les services Google Maps et Google Earth. L'Oeil du 20h a essayé de comprendre pourquoi.

A quoi ressemblent les prisons de l’intérieur ? Difficile à voir, sauf sur internet, trois clics et elles apparaissent vues du ciel. Pourtant après l’évasion de Redoine Faid, la ministre de la justice avait demandé que ces images ne soient plus visibles. On a vérifié.

Un arrêté publié en octobre 2017, bien avant cette évasion, dresse la liste des sites dits sensibles, dont 68 prisons, pour lesquelles les prises de vues aériennes sont interdites. Nous les avons toutes cherchées sur Google. Certaines sont floutées comme la prison des Beaumettes à Marseille. Mais sur les 68 établissements, 51 sont toujours bien visibles, comme la maison d’arrêt de Bordeaux-Gradignan, observable en trois dimensions, ou la maison centrale de Réau, en Seine-et-Marne, d’où Rédoine Faïd s’est évadé par hélicoptère il y a trois mois.

Toutes ces images posent un problème selon Philippe Kuhn, délégué régional du syndicat de surveillants SPS: " Vous voyez des éléments de sécurité, on voit tous les murs d'enceinte, les murs de ronde intérieure. On peut se servir de ces vues là pour partir et s'évader. Personne ne doit avoir accès à ces informations-là".

Un courrier à Google

En juillet dernier, la ministre de la justice, Nicole Belloubet, a écrit à Google pour lui demander de flouter ces photos. La multinationale renvoie vers ceux qui lui fournissent les images, comme Airbus, Digital globe, mais aussi l’IGN, l'institut national de l'information géographique et forestière, un établissement public. Sur son Géoportail, en libre accès, 48 prisons apparaissent non floutées. L’explication selon le directeur adjoint de l’IGN: l’arrêté n’est pas rétroactif, il ne concerne que les photos prises depuis 2017. “L’arrêté s'appliquerait à de nouvelles images que l'on ferait, les images qui datent d'avant l'arrêté n'ont pas à être floutées", explique Sylvain Latarget.

Google a demandé à ses prestataires de lui fournir de nouvelles images, floutées cette fois. De son côté, l’IGN estime que renouveler toutes ses photos lui prendra au moins trois ans.

Vous êtes à nouveau en ligne