Ce que l'on sait de l'enlèvement à Toulouse du nourrisson de 2 mois dont "les jours sont en danger"

L\'entrée de l\'hôpital Purpan de Toulouse (Haute-Garonne), où un nourrisson a été enlevé dans la nuit du vendredi 5 au samedi 6 janvier 2018.
L'entrée de l'hôpital Purpan de Toulouse (Haute-Garonne), où un nourrisson a été enlevé dans la nuit du vendredi 5 au samedi 6 janvier 2018. (REMY GABALDA / AFP)

Prénommé Tizio, ce petit garçon de 2 mois était alimenté par sondes gastriques et voies intraveineuses.

Une procédure d'alerte enlèvement a été déclenchée dans la matinée du samedi 6 janvier par le parquet de Toulouse (Haute-Garonne) après le kidnapping de Tizio, un nourrisson de 2 mois. L'enfant a été enlevé par son père de 33 ans alors qu'il se trouvait à l'hôpital. Le petit garçon est en danger de mort s'il ne reçoit pas de soins. Franceinfo récapitule la situation.

Un enlèvement survenu vendredi

Le petit Tizio a été enlevé vendredi entre 18h30 et 19 heures par son père alors qu'il se trouvait à l'hôpital Purpan de Toulouse, ont annoncé les autorités. L'enfant était alimenté par sondes gastriques et voies intraveineuses. Il était vêtu d'un ensemble de laine bleue au moment de son enlèvement.

Le nourrisson a été vu avec son père vers 18 heures, mais ne se trouvait plus dans son berceau à 18h30, au moment où les biberons sont donnés dans le service hospitalier. 

Vers 21h30, le personnel de l'hôpital a trouvé un mot manuscrit qui indiquerait que le père était allé se promener avec son fils, a indiqué le procureur de Toulouse samedi après-midi. En retour, les soignants ont également déposé un mot "en demandant au papa de les prévenir dès son retour", selon le parquet.

L'alerte n'a finalement été donnée qu'à 1h20 du matin, quand le personnel s'est aperçu que le nourrisson n'était toujours pas là pour le biberon suivant prévu à 1 heure. L'enlèvement a donc pu avoir lieu entre "18 heures et 1 heure", rapporte l'Agence France Presse. 

Le père n'avait pas manifesté son envie de soustraire l'enfant à sa mère

Le père de l'enfant, prénommé Brendan, est un homme "grand, mince, porteur d'une barbe fournie et de cheveux longs bouclés bruns à noirs", précise le parquet. Il est susceptible de se déplacer à bord d'un véhicule Peugeot 307 de couleur blanche, immatriculé dans l'Ariège 5608 GP 09. Il portait lors des faits un "anorak de couleur sombre", ajoute le texte.

Brendan était séparé de la mère de Tizio, mais le couple n'avait a priori aucun problème et s'entendait bien. Sans emploi et sans casier judiciaire, le père passait tous les jours voir son petit garçon à l'hôpital. "Nous ne sommes pas dans le cas d'une volonté de soustraction d'un enfant par un parent", a estimé à l'AFP une source proche du dossier, ce qui rend cet enlèvement d'autant plus "incompréhensible", selon elle.

Des recherches difficiles

La section de recherches de Toulouse a été chargée de l'enquête. Dans la nuit, les premières investigations ont visé tous les endroits où le père pouvait se trouver. La zone de recherches a concerné les départements de la Haute-Garonne et de l'Ariège, d'où la famille est originaire et où le père aurait pu se rendre. Elle a depuis été étendue. Ce n'est qu'après avoir fait "choux blanc partout", selon la source proche de l'enquête citée par l'AFP, que l'inquiétude est née et que le parquet et les enquêteurs ont décidé de déclencher une procédure d'alerte enlèvement.

Anne Ferrer, directrice générale adjointe du CHU de Toulouse, a adressé à la mi-journée un message au père du bébé. "Je souhaite m'adresser à Brendan, le papa de Tizio. Lui rappeler la gravité de l'état de son fils, que ses jours sont en danger et l'impérieuse nécessité de ramener son petit garçon dans le service d'urgence le plus proche" du lieu où il se trouve, a-t-elle déclaré. L'équipe du CHU de Toulouse "est prête pour l'accueil de Tizio ou pour venir le chercher où qu'il se trouve en toute sécurité, sur simple appel du 15", a insisté la directrice. Le nourrisson "avait été transféré le 26 décembre pour bénéficier d'une prise en charge adaptée à sa pathologie."

Depuis le déclenchement de l'alerte enlèvement samedi matin, les enquêteurs ont reçu environ 15 signalements venus essentiellement de l'Aude, a indiqué le parquet cité par France 3 Midi-Pyrénées, qui a précisé que ces pistes n'avaient rien donné. Dans la région, les contrôles routiers se multiplient.

Un numéro vert mis en place

Toute personne disposant d'informations pouvant aider à retrouver Tizio peut appeler le 0 800 36 32 68. Comme à chaque alerte enlèvement, les autorités appellent celles et ceux qui apercevraient le père ou l'enfant à ne pas agir directement, mais à contacter ce numéro. 

Le plan alerte enlèvement, mis en place en France en février 2006, a été déjà été déclenché 21 fois avant l'enlèvement de Tizio. Les enfants ont toujours été retrouvés sains et saufs, même si dans deux cas, il a fallu plusieurs semaines pour y parvenir.