Marseille : les marchands de sommeil sont "une pratique courante" dans le quartier touché par l'effondrement d'immeubles

Les secours interviennent à Marseille après l\'effondrement de deux immeubles, lundi 5 novembre. 
Les secours interviennent à Marseille après l'effondrement de deux immeubles, lundi 5 novembre.  (GERARD JULIEN / AFP)

Selon le président du comité d'intérêt de quartier de Noailles, près de la moitié des logements seraient insalubres, ce qui n'empêche pas, pour certains, la location à des gens en difficulté.  

"On achète des immeubles délabrés. On fait le minimum de réparations et on loge. Peu importe qui on loge, pourvu que ça rapporte", a réagi au micro de France Bleu Provence, Yves Baussens, président du comité d'intérêt de quartier (CIQ) de Noailles, à Marseille, après l’effondrement d’immeubles rue d’Aubagne lundi matin.

Des logements "occupés par la misère"

Après ce drame, le débat autour de la location régulière de logements indécents refait surface. "Une pratique courante", assure Yves Baussens. Dans ce secteur, selon des associations, près de la moitié des logements seraient insalubres. Ils sont loués pour certains par des marchands de sommeil à des personnes en difficulté, parfois prêtes à dire oui à des conditions inacceptables pour avoir un toit. Ces immeubles sont "occupés par la misère, par des gens qui vivent de chômage ou des sans-papiers", explique Yves Baussens.  

"Ce que j’avais préconisé, ce serait d’avoir un genre de certificat" pour prouver que les "appartements sont aux normes pour pouvoir les louer, parce qu’on ne peut pas les louer à des prix très chers et insalubres", ajoute le président du CIQ du quartier de Noailles.

En 2015, un rapport remis au gouvernement faisait état de 40 000 logements indignes, soit 13 % du parc des résidences principales. Des contrôles sont exercés sur ces habitations par les services de la ville mais très souvent la multiplication des intervenants et les délais administratifs très longs, souvent plusieurs années, réduisent leur efficacité. 

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