Ce que l'on sait de Cécile Bourgeon, la mère de Fiona

Cécile Bourgeon, la mère de Fiona, le 18 mai 2013 à Perpignan, une semaine après la \"disparition\" de la fillette.
Cécile Bourgeon, la mère de Fiona, le 18 mai 2013 à Perpignan, une semaine après la "disparition" de la fillette. (MAXPPP)

La jeune femme a été mise en examen jeudi, après avoir reconnu que sa fille était morte après avoir reçu un coup de son compagnon. Portrait d'une femme présentée comme douce, fragile et influençable.

"Non-assistance à personne en danger", "modification d'une scène de crime", "recel de cadavre" et "dénonciation d'un crime imaginaire". Quatre mois après la disparition présumée de Fiona, sa mère, Cécile Bourgeon, et son compagnon, Berkane Maklouf, sont passés aux aveux et ont été mis en examen, le 26 septembre. La petite fille aurait été victime d'un coup fatal, porté, selon sa mère, par son ami. Portrait de cette jeune femme de 25 ans que ses amis décrivent comme quelqu'un de doux, mais faible.

Une mère aimante

Cécile Bourgeon a 15 ans lorsqu'elle rencontre Nicolas Chafoulais, de deux ans son aîné. Le couple s'installe à Clermont-Ferrand et Fiona naît quand Cécile a 20 ans. "Elle était aux anges, tellement fière quand elle parlait de sa grossesse", confie une amie de longue date au Parisien, lundi 30 septembre. La jeune maman enchaîne les boulots avant d'être embauchée dans une laiterie du secteur. Nicolas, lui, s'occupe des enfants pendant que sa compagne fait les 3x8, raconte le quotidien.

Une amie du couple se rappelle une "vie de famille équilibrée" et des "parents aimants", tandis que son entourage évoque une mère douce, qui n'élève jamais la voix ni ne frappe Fiona. Nicolas, lui aussi, assure aujourd'hui que Cécile n'aurait pas pu faire de mal à la petite fille. Le couple se sépare alors qu'Eva, la petite sœur de Fiona, a 18 mois. Cécile, qui consomme des stupéfiants depuis l'adolescence, entame alors une cure de désintoxication – avec succès.

Une compagne sous influence

En 2012, Cécile rencontre Berkane Maklouf. Dès lors, elle et ses filles ne sortent plus. "Il l'a coupée du monde. Elle avait peur. On l'a vu l'insulter et menacer de la frapper", confie une amie au Parisien. D'autres proches de la jeune femme affirment à BFMTV avoir vu l'homme forcer Cécile, alors enceinte de son troisième enfant, à prendre des stupéfiants, le tout devant ses filles, alors qu'"elle voulait se sortir de tout ça". "C'était une bonne mère, jusqu'à ce qu'elle rencontre Berkane", assure une autre intime.

Pour l'entourage de Cécile, c'est clair : la jeune femme se trouvait sous l'emprise de son nouveau compagnon, un héroïnomane déjà reconnu coupable de faits de violences et de trafic de stupéfiants. Des amis évoquent des violences conjugales ; des traces de coups ont d'ailleurs été découvertes sur le corps de la jeune maman lors de sa garde à vue. "Elle n'avait plus son libre arbitre (...), elle était devenue sa chose", ajoute son avocat Gilles-Jean Portejoie. L'assujettissement de la jeune femme à son compagnon constitue la base de sa défense.

La mère de Cécile abonde, a posteriori. "Rétrospectivement, je me rends compte qu'elle était sous l'emprise de Berkane. Elle avait l'air fatiguée, elle ne disait rien. En fait, c'est lui qui parlait tout le temps – quand il ne criait pas. (…) Cécile était en retrait, prostrée. (…) Elle avait sans doute peur de lui", raconte-t-elle au Parisien"Cécile semblait être sous la coupe de Berkane, mais le quitter aurait été un nouvel échec dans sa vie sentimentale", affirme l'avocat de la jeune femme au Parisien.

Car après avoir quitté Nicolas et avant de rencontrer Berkane, Cécile a fréquenté un homme, contre qui elle porte plainte pour viol et séquestration en mai 2012. Connu lui aussi des services de police pour "des violences et des affaires de stupéfiants", selon La Montagne, l'homme aurait menacé d'enlever Fiona.

Une femme "impressionnable, voire manipulable"

La psychologue qui a examiné Cécile Bourgeon le 28 mai, alors qu'elle était partie civile dans l'affaire, décrit une femme marquée par des "situations traumatisantes" auprès de son père biologique, un homme violent et "maniaco-dépressif", décrit le quotidien régional. D'un niveau intellectuel "moyen faible", "fragilisée par un parcours de vie douloureux", Cécile montrait les signes d'une "importante immaturité affective" et était "à la recherche excessive d'affection".

"Elle a tendance à instaurer des relations de dépendance, au risque d'être sous l'emprise de l'autre et de s'engouffrer dans des situations à risques", analyse la spécialiste. Elle évoque une "nature passive", des difficultés à "s'assumer, se positionner", et un "manque d'assurance et d'estime de soi".

Cécile Bourgeon souffre d'une "fragilité identitaire" qui la rend "très impressionnable, très influençable, voire manipulable" – ce dont elle est "parfaitement consciente", note la clinicienne. Toutefois, malgré une "perturbation des capacités de discernement", la jeune femme ne montre aucune tendance à l'affabulation ou à la mythomanie.

"Les gens la jugent sans la connaître. (…) C'est une femme simple, fragile et faible, seule. Et Berkane est arrivé au moment de sa vie où elle commençait à s'en sortir", regrette une amie au micro de BFMTV. Quoiqu'il en soit, et malgré le flou qui demeure autour de la mort de Fiona, Cécile Bourgeon comme Berkane Maklouf sont tous deux impliqués dans ce drame. A la justice d'en décider la mesure.