Meurtre d'Alexia Daval : les trois versions successives de Jonathann Daval, qui est revenu sur ses aveux

Jonathann Daval (au centre), le 4 novembre 2017.
Jonathann Daval (au centre), le 4 novembre 2017. (MAXPPP)

Dans une nouvelle audition, le mari d'Alexia Daval a nié le meurtre de son épouse, qu'il avait avoué en janvier. Le corps sans vie de la femme de 29 ans avait été retrouvé dans un bois à Esmoulins (Haute-Saône), le 30 octobre 2017.

C'est le dernier rebondissement d'une affaire qui n'en manque pas. Jonathann Daval a nié devant les enquêteurs le meurtre de sa femme Alexia, a annoncé son avocat Randal Schwerdoffer, mercredi 4 juillet. Auditionné une nouvelle fois par les enquêteurs à sa demande, le 27 juin, il est revenu à la surprise générale sur les aveux qu'il avait faits en janvier, et qui avaient entraîné sa mise en examen pour "meurtre sur conjoint" et son placement en détention. Selon les informations de franceinfo, il affirme désormais que la jeune femme a été tuée par son beau-frère (le mari de la sœur d'Alexia), Grégory Gay, au domicile de ses parents. Avant ses premiers aveux, il avait tenté de faire croire à sa disparition lors d'un jogging.

Pour y voir plus clair, franceinfo rappelle les trois versions successives données par le principal suspect.

Version 1 : une disparition alors qu'elle faisait son jogging

Avant d'être une victime de meurtre, Alexia Daval a d'abord été, aux yeux du grand public, une joggeuse disparue. C'est Jonathann, son mari, qui appelle la gendarmerie, samedi 28 octobre, expliquant qu'il s'inquiète de ne pas voir sa compagne revenir. Selon lui, elle est partie trois heures plus tôt, à 9h30 du matin, sans son téléphone portable. Il assure qu'elle a l'habitude de courir sur les bords de la Saône, et que son jogging dure habituellement une quarantaine de minutes. Des recherches s'engagent, et le corps calciné de la jeune femme de 29 ans est retrouvé deux jours plus tard, dans un bois isolé. Lors des obsèques d'Alexia, Jonathann Daval affiche le visage éploré du veuf sous le choc. "Elle était mon oxygène, la force qui me poussait à me surpasser", confiait-il, très touché, à la fin d'une marche blanche quelques jours plus tôt.

Version 2 : un meurtre "par accident"

Le 29 janvier, Jonathann Daval est interpellé à son domicile. Confronté à des éléments qui mettent à mal son premier récit – personne n'a vu la jeune femme courir le samedi matin, des morceaux de draps appartenant au couple ont été trouvés près du corps – le jeune homme s'en tient d'abord "rigoureusement" à sa version des faits, selon son avocat. Mais il finit par craquer.

Jonathann Daval explique aux enquêteurs que c'est bien lui qui a tué Alexia, "par accident" assure-t-il. "Il l'a étranglée" lors d'une dispute à leur domicile, au retour d'un dîner chez les parents de cette dernière, rapporte son avocat Randall Schwerdorffer rapportant ses propos. "Il l'explique parce qu'ils avaient une relation de couple avec de très fortes tensions (...) A un moment, il y a eu des mots de trop, qu'il n'a pas su gérer." Il livre cependant peu de détails sur le déroulement des faits, et nie un point clé : "Il n'a jamais essayé de mettre le feu au corps d'Alexia", assure l'avocat, alors que le corps a effectivement été retrouvé en partie calciné dans un bois, à Esmoulins (Haute-Saône). Après ces aveux, Jonathann Daval est mis en examen et placé en détention.

Version 3 : un étranglement par son beau-frère

Le 27 juin, Jonathann Daval est entendu une nouvelle fois par les enquêteurs. C'est lui qui en a fait la demande. On n'apprendra qu'une semaine plus tard, après l'audition de la famille de la victime, que le principal suspect est revenu sur ses déclarations de janvier. "En l'état à ce jour, Jonathann Daval conteste être l'auteur des faits d'homicide qu'on lui reproche sur la personne d'Alexia", confirme Randall Schwerdorffer aux journalistes.

L'avocat n'en dit pas plus, mais selon des sources proches du dossier jointes par franceinfo, le mis en examen accuse désormais le mari de la sœur d'Alexia Daval, Grégory Gay. Lors du dîner au domicile des parents d'Alexia, dans la nuit du 27 au 28 octobre, Alexia aurait, selon son mari, fait une "crise d'hystérie" et, en tentant de la maîtriser, son beau-frère l'aurait accidentellement étranglée. "Je démens formellement", répond ce dernier à BFMTV à la sortie de son audition, mercredi. Pour la mère d'Alexia, Isabelle Fouillot, "c'est un véritable cauchemar". Où il est difficile de voir clair dans les déclarations du principal suspect.

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