Des Roms portent plainte après avoir été agressés à l’acide en plein cœur de Paris

A Lyon, une Rom quitte le camp de fortune installé près de la gare de Perrache.
A Lyon, une Rom quitte le camp de fortune installé près de la gare de Perrache. (PASCAL FAYOLLE/SIPA)

L'agresseur a aspergé un matelas d'un produit extrêmement corrosif. En août 2013 déjà, une femme avait été brûlée au deuxième degré au bras et à la jambe.

Ce n'était pas son coup d'essai. Le site Mediapart rapporte une nouvelle agression de Roms avec de l'acide aux abords de la place de la République, au centre de Paris, dont ont été témoins deux membres de l'association Autremonde, le 16 janvier. Les deux bénévoles ont finalement convaincu les victimes, un couple, de porter plainte auprès du commissariat du 3e arrondissement.

Un agresseur récidiviste

Alors qu'ils effectuaient une tournée dans le quartier, les deux bénévoles d'Autremonde, une association qui vient en aide aux migrants, ont aperçu un homme tourner autour d'un matelas (sur lequel étaient assis un homme et sa femme) en faisant de grands gestes. Lorsqu'ils se sont approchés, l’agresseur s'est enfui, disent-ils, "avec une bouteille blanche sous le bras".

"Le liquide était en train de ronger le matelas, un liquide noir, ou était-ce le résultat de la corrosion qui était noir ? Toujours est-il que ça grignotait le matelas", raconte un des deux bénévoles au site Médiapart. Le couple de Roms n’a pas été touché mais l'autre bénévole s’est "brûlée le doigt" avec la lanière d'un sac, qui reposait sur le matelas, confirmant l’aspersion d’acide. 

Les associations du quartier pensent à un récidiviste. Sylvie Lhoste, la présidente d'Entreaides citoyennes, rappelle qu'en août dernier une femme d’origine rom "avait été brûlée au second degré au bras et à la jambe". Cette victime a depuis quitté la France, précise Le Figaro. Un seul et même homme se cacherait, d'après Sylvie Lhoste, derrière ces deux agressions. Il aurait également menacé à plusieurs reprises des membres de la communauté rom. Selon les témoignages, l'agresseur répèterait qu'il "propriétaire d’immeubles" dans le quartier et "qu’il se doit de 'nettoyer tout cela'""C'est un danger public", conclut Sylvie Lhoste 

Une affaire "prise au sérieux" 

La présidente de l'association Entraides citoyennes affirme s’être tournée plusieurs fois déjà vers les forces de l’ordre, rappelle Le Monde. Mais ces derniers ne se seraient déplacés "qu’une seule fois" place de la République. Le commissaire en charge du dossier s’est engagé "à faire le maximum pour retrouver cette personne", selon le bénévole de l'association Autremonde, cité par Mediapart. "Nous prenons l'affaire au sérieux. C'est très grave", assure-t-on au commissariat du 3e arrondissement.

Dans un communiqué, l’association SOS racisme dit s'inquiéter du "climat délétère dans le pays" et "exige que toute la lumière soit faite sur cette affaire". Elle souhaite en outre qu’une "sanction exemplaire" soit prononcée. 

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