Tireur de Paris : dans ses lettres, Dekhar fustige "les "journaputes" et "le capitalisme"

Abdelhakim Dekhar, l\'homme soupçonné d\'être le tireur parisien traqué du 18 au 20 novembre 2013, photographié ici en 1994.
Abdelhakim Dekhar, l'homme soupçonné d'être le tireur parisien traqué du 18 au 20 novembre 2013, photographié ici en 1994. (17 JUIN MEDIA / AFP)

Deux documents, une lettre d'adieu et une lettre de menace au contenu "délirant", ont été retrouvées dans le véhicule d'Abdelhakim Dekhar, l'homme soupçonné d'être le tireur parisien.

Lorsqu'ils sont venus interpeller Abdelhakim Dekhar, l'homme soupçonné d'être le tireur de Paris, les policiers ont également découvert deux lettres dans son véhicule. Comme l'explique Le Figaro, la première est une lettre d'adieu, écrite à la main, et probablement rédigée avant que Dekhar ne tente de se suicider en avalant des médicaments dans sa voiture. Il y aurait notamment écrit : "En cas d'obsèques, si je meurs, je ne veux pas de prélèvements." Le procureur de la République de Paris, François Molins, a confirmé que cette lettre exprimait "ses dernières volontés".

Dans la seconde lettre, en revanche, l'homme n'évoque pas sa propre mort, mais confirme son profil troublé. Il y profère des menaces qui pourraient aider les enquêteurs à comprendre les motivations qui l'auraient poussé à tirer sur un photographe de Libération et à s'en prendre à la Société générale. Selon le procureur de Paris, il y dénonce "un complot fasciste", "le capitalisme", ou la "gestion des banlieues" et les prisons, qu'il a fréquentées pendant quatre ans (après sa condamnation dans l'affaire Rey-Maupin) entre 1994 et 1998. Les médias, accusés de participer à la "manipulation des masses" ont droit à un traitement à part. Les journalistes, "payés pour faire avaler aux citoyens le mensonge à la petite cuillère", sont appelés "les journaputes".

Le document évoquerait également des conflits internationaux, d'après le procureur de la République. De façon générale, le contenu "délirant" de cette lettre tend vers le champ lexical guerrier. Elle est ainsi conclue par un extrait du Chant des partisans, un des symboles de la Résistance française. François Molins a également souligné qu'en 1994, lors de son arrestation dans l'affaire Rey-Maupin, un expert psychiatre avait jugé que Dekhar avait des tendances "affabulatoires et mythomaniaques". Mais il a également précisé qu'"aucune folie, aucune anomalie psychique" n'avait été décelée chez lui.

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