Tireur : comment intervenir en plein Paris

Un fourgon de la police sur les Champs-Elysées, à Paris, le 18 novembre 2013.
Un fourgon de la police sur les Champs-Elysées, à Paris, le 18 novembre 2013. (FRED DUFOUR / AFP)

Francetv info s'interroge sur les mesures de sécurité prises pour protéger la population durant cette chasse à l'homme, commencée lundi.

Une chasse à l'homme en plein Paris. C'est la difficile opération menée par les forces de police de la capitale depuis lundi 18 novembre, afin d'intercepter l'auteur présumé des coups de feu tirés à Libération ainsi que devant le siège de la Société générale.

Francetv info a demandé à Claude Cances, ancien patron de la police judiciaire (PJ), son avis sur les mesures de sécurité prises pour protéger la population durant cette chasse à l'homme et les moyens mis en œuvre pour intercepter le tireur.

Qui pilote les opérations ? 

L'enquête est menée par la brigade criminelle, le 36, quai des Orfèvres. "C'est le cœur de la PJ", explique Claude Cances. "Les 2 200 fonctionnaires sont mobilisés si besoin." Il explique qu'une fois que le tireur est repéré, tout va très vite. Les policiers disponibles sont envoyés sur place et c'est le plus haut gradé sur les lieux qui donne les instructions, en lien avec sa hiérarchie.

Fallait-il évacuer le métro ?

Selon la RATP, contactée lundi par Metronews, la préfecture de police n'avait donné aucune consigne spécifique en début d'après-midi. Mais Jean-Paul Huchon, président de la région Ile-de-France et du Syndicat des transports d'Ile-de-France, a demandé un renforcement des mesures de sécurité aux patrons de la RATP et de la SNCF.

Lorsque l'on a appris que le tireur s'était échappé en empruntant le métro, l'évacuation des stations dans la zone était-elle envisageable ? Claude Cances estime que non. "On évacue une station de métro que lorsqu'il y a une alerte à la bombe. Pour l'instant, cet homme n'a manifesté son degré de dangerosité qu'à l'égard de cibles très précises. A BFMTV, il aurait pu tirer sur le vieil homme qu'il croise. Quand, il va à la Défense, il vise les fenêtres de la Société générale. Il n'y a donc aucune raison d'évacuer les stations. Au contraire, c'est faire courir des risques aux usagers. S'il est armé et qu'il se sent cerné, il peut faire un carnage".

Fallait-il immobiliser les transports pour l'arrêter ?

Pour Claude Cances, il vaut mieux tenter de le rattraper grâce à une enquête, plutôt qu'en intervenant de cette manière. "C'est du folklore. Vous vous rendez compte du nombre de passagers touchés ? Ce n'est pas sérieux. La mesure provoquerait là aussi plus de panique qu'autre chose".

L'ancien patron de la PJ explique que les enquêteurs s'attachent depuis lundi à interroger tous les habitués des lignes susceptibles d'avoir été empruntées par le tireur, pour obtenir une description du suspect et des indices qui pourraient permettre sa localisation. 

Bloquer le quartier des Champs-Elysées aurait-il permis d'intercepter le tireur ?

Rapidement, une fois repéré dans cette zone et après avoir été déposé par le conducteur pris en otage, le quartier des Champs-Elysées a été sillonné par les forces de l'ordre et survolé par un hélicoptère de la sécurité civile. "Il est évident que lorsqu'il y a une chasse à l'homme, il y a un dispositif pour bloquer sa fuite avec des hommes postés à certains carrefours et lieux de passage", explique Claude Cances.

"Mais quand tout se déroule dans Paris, avec un fugitif circulant à pied, c'est beaucoup plus compliqué. Ce n'est pas comme une poursuite en voiture. Un homme seul se fond facilement dans la foule, surtout sur les Champs-Elysées, un quartier très fréquenté", conclut-il.

Vous êtes à nouveau en ligne