Comment la police traque-t-elle le tireur à Paris ?

François Molins, le procureur de Paris, présentant à la presse une photographie du tireur présumé, le 18 novembre 2013. 
François Molins, le procureur de Paris, présentant à la presse une photographie du tireur présumé, le 18 novembre 2013.  (PIERRE ANDRIEU / AFP)

Les enquêteurs sont confiants et estiment pouvoir identifier l'homme rapidement. Voici comment.

La traque du tireur parisien se poursuit. Si l'homme qui a blessé un assistant photographe dans les locaux de Libération avant d'ouvrir le feu sur l'immeuble de la Société générale à la Défense n'a toujours pas été identifié, les policiers "pensent pouvoir aller assez vite" pour mettre un nom sur cette silhouette. Francetv info détaille les éléments dont disposent les enquêteurs.

Lancer des recherches ciblées en fonction du profil

Selon l'automobiliste que le tireur a pris en otage lundi entre la Défense et les Champs-Elysées, l'homme a déclaré être "sorti de prison, être prêt à tout, et avoir une grenade" dans son sac. Les dossiers des prisonniers récemment libérés sont donc épluchés, tout comme ceux des patients sortis d'hôpitaux psychiatriques.

Martine Monteil, ancienne directrice de la police judiciaire (PJ), explique à France 2 que les mains courantes vont également être remontées pour identifier les éventuelles plaintes qui pourraient correspondre à ce profil.

FRANCE 2

Analyser les empreintes digitales et ADN

Des traces ADN du tireur ont été découvertes sur un objet retrouvé dans la voiture du retraité brièvement pris en otage. Sur Twitter, Audrey Goutard, journaliste à France 2, explique qu'elles vont être comparées avec le fichier national automatisé des empreintes génétiques.

Les douilles et balles récupérées dans le hall de Libération étaient en cours d'analyse au laboratoire de la police technique et scientifique mardi matin. Si l'homme n'est pas fiché, ces traces permettront de le confondre une fois interpellé. 

Exploiter l'appel à témoins

La photo du suspect a été largement diffusée dans les médias et placardée dans tous les commissariats et gendarmeries de France. La PJ a déjà reçu quelque 400 coups de téléphone. Près de 120 "sont pris au sérieux et ont fait l'objet d'une fiche de renseignements", précise une source judiciaire interrogée par l'AFP. Les enquêteurs espèrent notamment qu'un proche du tireur le reconnaisse et se manifeste.

L'identifier grâce à son téléphone

Les enquêteurs ont la possibilité d'identifier le téléphone du suspect. Pour cela, ils doivent comparer les numéros qui se sont connectés aux antennes-relais proches des trois scènes de crime : vendredi matin à BFMTV, lundi à 10h15 près de Libération, à midi au siège de la Société générale et enfin à 12h30 sur les Champs-Elysées. Si un même numéro est repéré, ce pourrait être celui du suspect.

Retracer son parcours grâce aux caméras

L'ancienne directrice de la PJ évoque un travail de fourmi. Les enquêteurs visionnent des heures d'enregistrement des caméras de la RATP et de la ville de Paris (qui dispose d'environ 1 000 appareils). Elles doivent permettre non seulement de fournir une image plus précise du tireur, comme celle diffusée mardi 19 novembre, mais également de retracer son parcours en établissant "son point de départ et/ou d'arrivée", explique une source judiciaire au Parisien.

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