Chasse : La France est "le seul pays où il n'y a pas de jour national sans chasse"

Au Péage-de-Roussillon, des panneaux ont été posés que une route alors qu\'une chasse est en cours, le 20 octobre 2018.
Au Péage-de-Roussillon, des panneaux ont été posés que une route alors qu'une chasse est en cours, le 20 octobre 2018. (HERVE COSTE / MAXPPP)

Après plusieurs accident liés à la chasse en France, Marc Giraud, porte-parole de l’association pour la protection des animaux sauvages, a expliqué ce mardi sur franceinfo souhaiter la création d'une journée sans chasse.

"On est le seul pays où il n'y a pas de jour national sans chasse", a affirmé mardi 23 octobre sur franceinfo, Marc Giraud, porte-parole de l’ASPAS (association pour la protection des animaux sauvages), après plusieurs accidents, dont un qui a coûté la vie à un vététiste en Haute-Savoie ce mois-ci.

L'association est à l'origine d'une pétition pour réclamer l'interdiction de la chasse le dimanche, qui compte plus de 180 000 signatures sur internet. "Cela fait 25 ans qu'on demande ça. En 2010, on avait remis à Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie, 250 000 signatures papier", rappelle Marc Giraud.

En France, chasser quand on est bourré, c'est légal.Marc Giraudà franceinfo

Le naturaliste explique qu'il y a "un sentiment d'insécurité". "On nous dit de mettre des gilets fluo, mais une balle de battue peut tuer à trois kilomètres, estime-t-il. En France, chasser bourré, c'est légal. Vous mettez en jonction ces deux choses-là, vous pouvez mettre autant de gilets que vous voulez, pour vous balader dans les bois, vous n'êtes pas du tout en sécurité". Le président de l'ASPAS a précisé : "Moi quand je me balade et que j'entends des coups de feu, je ne me sens pas du tout bien".

Un million de chasseurs pour 15 millions de randonneurs en France

Pour Marc Giraud, "l'ouverture de la chasse, c'est la fermeture de la nature". "Les chasseurs, c'est un million de pratiquants. Il y a 15 millions de randonneurs. Il y a des photographes, des naturalistes, des scolaires, des gens qui se baladent, des artistes", a-t-il détaillé. Il a estimé que franceinfo qu'un vrai déséquilibre existe : "il y a tous ces gens qui sont privés de nature et privés de sécurité, pendant six mois de l'année à cause de la chasse. Eux, ils peuvent chasser tous les jours de la semaine".

Il considère qu'il ne s'agit pas de "cohabitation", mais plutôt de "partage" : "les chasseurs auraient six jours dans la semaine, et nous on aurait juste le dimanche. Ce n'est quand même pas être extrémiste que de demander ça", a affrimé Marc Giraud.

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