Ce que l'on sait de l'attaque au couteau qui a fait un mort à Villeurbanne

Des policiers travaillent sur les lieux de l\'attaque au couteau à Villeurbanne (Rhône), le 31 août 2019. 
Des policiers travaillent sur les lieux de l'attaque au couteau à Villeurbanne (Rhône), le 31 août 2019.  (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

Un suspect a été arrêté samedi par les forces de l'ordre et placé en garde à vue pour "assassinat et tentative d'assassinat".

Une attaque au couteau a fait un mort et huit blessés, dont trois graves, samedi 31 août à Villeurbanne (Rhône), en banlieue lyonnaise. Un suspect a été interpellé et placé en garde à vue pour "assassinat et tentative d'assassinats". Franceinfo fait le point sur ce que l'on sait de cet événement. 

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Une attaque au couteau à un arrêt de bus

L'agression a eu lieu vers 16h25, à proximité de la gare routière Laurent-Bonnevay, à Villeurbanne, dans la banlieue de Lyon, où se trouve également une station de métro. L'assaillant était armé d'un couteau de 9 cm et d'une broche à barbecue. Il a utilisé ces objets pour poignarder plusieurs personnes qui attendaient le bus. Il a blessé plusieurs personnes en quelques minutes. "Face à la résistance d'un passant, il a commencé à prendre la fuite vers la station de métro" précise Le Monde

Gérard Collomb, maire de Lyon, qui se trouvait à proximité du lieu de l'attaque, s'est rendu sur place samedi soir. Lors d'un point-presse, il a estimé que cette attaque avait eu lieu "plutôt de manière soudaine", avec "quelqu'un qui a attaqué des passagers qui attendaient un bus de manière indifférenciée". Le procureur de Lyon, Nicolas Jacquet, a appuyé cette hypothèse lors d'un point-presse dimanche. "L'homme s'attaquait au hasard à plusieurs passants et leur portait de violents coups par armes blanches", a-t-il précisé.

Une jeune fille qui a assisté à l'attaque raconte à l'AFP avoir vu "un monsieur à l'arrêt du 57 (un bus) qui s'est mis à mettre des coups de couteau dans tous les sens". Selon elle, "il a réussi à toucher, à ouvrir le ventre d'une personne. Il a mis un coup de couteau dans la tête à un mec, il a ouvert l'oreille à une dame sur l'arrêt du bus." 

Mehdi, un autre témoin, raconte au Parisien avoir vu "arriver cet homme barbu, il avait un couteau assez grand pour tuer directement d'un coup de lame. Il a donné des coups de couteau aux personnes qui attendaient là et est reparti vers le métro, rapporte le jeune homme encore sous le choc. J'ai eu la peur de ma vie". Un agent qui était sur les lieux assure au Monde "qu'il était déterminé à tuer, il a choisi ses victimes sur son parcours, il est revenu en frapper au sol".

Au terme de son "périple criminel", précise Nicolas Jacquet, l'agresseur "a été raisonné par des témoins" avant de lâcher ses armes.

Au moins un mort et huit blessés

Un homme, âgé de 19 ans, est mort. Originaire de l'Isère, il attendait un bus pour se rendre au festival Woodstower, à Miribel-Jonage. Sept autres personnes ont été blessées à hauteur de l'arrêt de bus, et une autre dans la station de métro. La victime la plus âgée de cette attaque a 76 ans.

Parmi ces huit personnes, trois ont été transférées aux urgences dans un état critique. Deux des victimes sont toujours hospitalisées dimanche, a annoncé le procureur de la République de Lyon, Nicolas Jacquet. Leur prognostic vital n'est plus engagé, et "les autres victimes ont pu rejoindre leur domicile", malgré un important stress post-traumatique, a-t-il précisé.

Un centre d'accueil a été ouvert samedi soir pour les victimes, leurs familles et "toute personne qui éprouverait le besoin d'une aide ou d'un soutien psychologique". Il est situé à la mairie du 8e arrondissement de Lyon. Une cellule d'information au public, activée par la préfecture du Rhône, est joignable au 0 800 970 169. 

Onze personnes ont déposé plainte. 

Un suspect en garde à vue

Un suspect a été interpellé par les forces de l'ordre après avoir été maîtrisé par des personnes se trouvant sur place. Cet homme a été placé en garde à vue pour "assassinat et tentative d'assassinats". Son profil est difficile à établir, le suspect n'ayant pas de papiers sur lui et déclarant trois identités différentes.

Ahmed, un père de famillle interrogé par Le Parisien, affirme avoir déjà croisé le suspect dans le quartier où a eu lieu l'attaque : "J'ai eu l'occasion de croiser cet homme une ou deux fois dans le bus C8. Il a un physique assez identifiable. Il était toujours assez tendu et a même agressé une femme une fois", explique-t-il. 

Des perquisitions ont été menées samedi soir et dimanche matin à Vaulx-en-Velin. Elles ont eu lieu à l'endroit où l'agresseur passait ses nuits, un centre d'hébergement pour réfugiés, a précisé le procureur de la République de Lyon. Une perquisition a été réalisée samedi dans ce centre. L'homme, de nationalité afghane, est connu sous deux identités différentes. Il est titulaire d'une carte de séjour temporaire, sans aucun antécédent judiciaire.

Pas de piste terroriste en l'état 

La police judiciaire de Lyon a été saisie des chefs d'"assassinat" et "tentative d'assassinat". Le parquet national antiterroriste, qui suit l'affaire en lien avec le parquet de Lyon, n'est pas saisi du dossier. La piste terroriste n'est pas retenue à ce stade. D'après les premiers éléments connus et recueillis lors de la perquisition, l'assaillant ne présente aucun signe de radicalisation.

"Il indiquait être musulman et avoir entendu des voix insulter Dieu et lui donnant l'ordre de tuer. Ses propos demeuraient incohérents et confus, indique le procureur de Lyon. Il reconnaissait la consommation de cannabis (vérifiée par une analyse). L'expert psychiatre évoque un état psychotique envahissant et délire paranoide. A ce stade, je vous confirme que le parquet antiterroriste ne s'est pas saisi en raison de sa personnalité. Une information judiciaire sera ouverte demain." 

Pas de deuxième homme recherché

La préfecture du Rhône a rapidement communiqué pour dire qu'une personne était recherchée. Selon des sources policières, elle avait pris la fuite après les faits, sans que l'on sache si elle était impliquée dans l'attaque. Samedi en début de soirée, la piste d'un complice a été écartée.

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