Ce que l'on sait du naufrage d'une vedette de plaisance dans la Manche, qui a provoqué la mort de trois enfants

Un navire de secours de la SNSM lors d\'une session d\'entraînement, au large de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), le 28 juin 2019. 
Un navire de secours de la SNSM lors d'une session d'entraînement, au large de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), le 28 juin 2019.  (SEBASTIEN SALOM-GOMIS / AFP)

Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances du drame, qui s'est déroulé lundi après-midi. L'embarcation doit être prochainement examinée.

Trois enfants ont péri, lundi 12 août, après que leur embarcation s'est retournée à environ 800 mètres de la plage de Passous, à Agon-Coutainville, dans le département de la Manche. Ils étaient en vacances sur la côte du Cotentin avec leurs parents, qui ont survécu au naufrage. 

Un important dispositif de secours

Lundi, aux environs de 15h30, un témoin présent sur la plage de Passous aperçoit le bateau avec ses jumelles. Il le voit se faire déséquilibrer par une vague avant de commencer à couler, rapporte France 3 Normandie. Le témoin donne alors l'alerte auprès du Centre régional opérationnel de secours et de sauvetage en mer (Cross) de Jobourg.  

Un bateau de l'école de voile voisine se dirige immédiatement vers l'embarcation qui a chaviré. L'hélicoptère Dragon de la sécurité civile, stationné à Granville, est envoyé sur les lieux, ainsi que deux unités de la Société nationale des sauveteurs en mer (SNSM). Le poste de secours de Passous, les pompiers et le Samu de la Manche sont aussi mobilisés. 

Trois enfants pris au piège dans la cabine

"Quand nous sommes arrivés sur zone, le bateau était déjà retourné. On voyait juste le nez du bateau et les carreaux de la cabine", témoigne Pascal Dutot, sauveteur et président de la station SNSM d'Agon-Coutainville, au micro de France Bleu Cotentin. Les secouristes brisent alors le plexiglas de la cabine, envahie d'eau, pour sortir les trois enfants, deux sœurs de 13 et 9 ans et un garçon de 7 ans, bloqués depuis plusieurs minutes à l'intérieur. Mais ils sont déjà en arrêt cardiaque et ne peuvent pas être réanimés.

"Je pense que [les enfants] ont été mis à l'abri par les parents parce que, quand il y a eu la panne moteur, ils ont perdu le contrôle du bateau", a précisé mardi matin sur BFMTV Xavier de la Gorce, président de la SNSM. 

Les trois autres passagers, un couple, parents des victimes, et une amie du couple ont réussi à s'extraire du bateau, indemnes. En état de choc, ils ont été pris en charge sur la plage de Passous "en état d'urgence, par les équipes médicales et les pompiers", a précisé le communiqué de la préfecture maritime. 

Une "grosse vague" qui a fait chavirer le bateau

Le bateau, "un petit 5 mètres 50", a été mis à l'eau à l'eau à 14h45, confie la mère de famille qui a survécu au naufrage, à Ouest-France : "On était en train de revenir sur la plage, il y avait un peu d’eau dans le bateau. Quand j’ai vu ça, j’ai appelé au secours. Puis une grosse vague nous a fait chavirer."

"Bien qu'aucune mise en garde particulière n'ait été émise lundi pour la navigation, la mer était agitée, 'avec des creux de près de deux mètres'", précise France Bleu Cotentin"La mer n'était pas belle. Pour un petit bateau dans ce genre-là, c'était un peu juste", confirme sur RMC Pascal Dutot, le sauveteur et président de la station SNSM d'Agon-Coutainville. 

Même son de cloche du côté de la municipalité d'Agon-Coutainville. Christian Duterte, maire de la commune, a estimé auprès de franceinfo que la mer était "nerveuse" et "pas facile" au moment du drame. "Il y a toujours des drames avec la mer, mais de cette importance-là, jamais", a-t-il ajoutéLe lieu du naufrage, près de la plage, n'est "pas du tout accidentogène", selon lui.

Des plaisanciers peu expérimentés

Les trois adultes, le couple propriétaire du bateau et une amie, étaient "peu expérimentés sur l'eau" d'après France Bleu MancheLe père, âgé de 46 ans, possédait son permis bateau depuis le mois de juin, rapporte Ouest France. Par ailleurs, les trois enfants portaient un gilet de sauvetage, mais aucun ne savait nager, ajoute le quotidien.

La famille, originaire d'Argentan dans l'Orne, séjournait dans un camping à Gouville-sur-Mer. "Notre caravane est en place du 1er avril au 31 octobre. On y vient le week-end, pendant l’année. Et là, on passait trois semaines de vacances", témoigne auprès du journal Ouest-France la mère de famille. L'autre petit garçon, qui est mort, et sa mère, qui a survécu, habitaient en Mayenne.

Une enquête en cours

Une enquête a été ouverte par le parquet de Coutances. Les trois corps des enfants ont été examinés par le médecin légiste. Ce dernier a conclu à une mort par "asphyxie". Il n'y aura pas d'autopsie, "les causes de la mort ayant été déterminé", indique un communiqué du procureur.

Par ailleurs, ce communiqué précise que "le moteur s'est enrayé et qu'une vague a fait chavirer la vedette, propulsant les adultes dans l'eau et piégeant les enfants à l'intérieur de la cabine." Le bateau doit être expertisé prochainement. 

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