Vol de bijoux Cartier à Monaco : "On sent la jeunesse et la non-préparation de ce braquage"

La boutique Cartier à Monaco, le 25 mars 2017.
La boutique Cartier à Monaco, le 25 mars 2017. (YANN COATSALIOU / AFP)

Au lendemain de la découverte du butin du braquage de la bijouterie Cartier à Monaco, le journaliste spécialiste des questions de banditisme, Frédéric Ploquin, décrit un vol non préparé, symbole d'une "génération qui croit possible d’accéder au magot".

La totalité du butin du braquage de la bijouterie Cartier, samedi 25 mars, à Monaco, dont le montant total pourrait atteindre "plusieurs millions d'euros", a été retrouvée lundi, a déclaré le procureur général de Monaco. Quatre des cinq suspects, âgés de 20 et 25 ans, ont été arrêtés et présentés à des juges monégasque et niçois lundi après-midi. Le cinquième est toujours recherché. D'après le procureur général de Monaco, les jeunes braqueurs, originaires de Vallauris, dans les Alpes-Maritimes, ont été "surpris par la rapidité et la capacité de la police monégasque".

Frédéric Ploquin, grand reporter à Marianne et spécialiste des questions de banditisme, a estimé mardi sur franceinfo que les jeunes suspects n'ont pas beaucoup préparé leur vol, contrairement à l'ancienne génération de braqueurs qui travaillait "pendant des semaines avant de passer à l’acte".

franceinfo : Est-ce que l’on peut parler de grand banditisme ou de pieds nickelés du braquage ?

Frédéric Ploquin : On est entre les deux. On a affaire à des personnes assez jeunes, issus d’une petite ville du sud de la France, de Vallauris. Cette histoire me fait penser à des voyous qui croient que tout est possible, qui rêvent et qui passent à l’acte. Ils ne travaillent pas beaucoup. Les anciens braqueurs travaillaient pendant des semaines avant de passer à l’acte.

La manière dont ils sont accoutrés ne colle pas. Ils ne sont pas habillés comme les clients habituels de ces magasins. Ils ont les armes, la voiture, mais ont-ils suffisamment réfléchi à tout ?Frédéric Ploquinà franceinfo

Ils voient les bijoux, les millions d’euros à portée de main. Ils y vont. Mais Monaco, c’est une nasse, c’est un piège. Il n’y a que deux routes pour sortir de Monaco. Il y a des policiers partout, des caméras partout. On sent la jeunesse et la non-préparation de ce braquage.

Il y a un paradoxe entre la cible très ambitieuse et le niveau de préparation ?

Absolument. On a tous les ingrédients de cette génération qui croit possible d’accéder au magot. Ils décident de passer à l’action, mais ils prennent des risques. Ils sont armés. Cela aurait pu mal tourner. On n’imagine pas qu’ils aient préparés l’après mieux que l’avant. L’après, c’est une fois qu’on a un lot de bijoux siglés d’une marque et signalés, il va falloir les revendre. Si les braqueurs commencent à les revendre dans le quartier à Vallauris, cela va se voir tout de suite et ils ne vont pas les vendre très cher. C’est le problème. Sur le papier, les bijoux ont une valeur colossale. Mais une fois que vous sortez et que vous cherchez quelqu’un pour vous les acheter, c’est une autre histoire ! Avec des jeunes de ce type-là, les objets volés peuvent se retrouver vendus pour à peine 10% de leur valeur.

Frédéric Ploquin : "On a tous les ingrédients de cette génération qui croit possible d’accéder au magot."
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