Braquage dans la Marne : ce que l'on sait du drame

Une voiture garée devant la bijouterie où est mort un braqueur, abattu par le commerçant qu\'il tentait de voler, à Sézanne (Marne), vendredi 29 novembre 2013.
Une voiture garée devant la bijouterie où est mort un braqueur, abattu par le commerçant qu'il tentait de voler, à Sézanne (Marne), vendredi 29 novembre 2013. (ALAIN JULIEN / AFP)

Victime d'un braquage à main armée dans sa petite boutique du centre-ville, un commerçant de Sézanne a tué par balles son agresseur.

Ce faits divers repose la question de la légitime défense. Plus de deux mois après l'affaire du bijoutier de Nice, un commerçant de Sézanne (Marne) a répliqué face à son agresseur. Le braqueur est mort, touché par quatre balles d'un pistolet 9 mm. 

A l'occasion d'une conférence de presse, vendredi 29 novembre, le procureur de la République de Châlons-en-Champagne, Christian de Rocquigny, est revenu sur les éléments connus en ce début d'enquête. 

Sur l'agression

Cette question est décisive pour déterminer si oui ou non le commerçant a agi en état de légitime défense. Les images de vidéosurveillance à l'intérieur de la bijouterie montrent le malfaiteur entrer vers 16h30 dans la boutique, où il est accueilli par l'épouse du commerçant. Se faisant passer pour un client, il fait mine de s'intéresser aux bijoux mais son comportement suscite la méfiance du joaillier, qui se trouve à l'étage. Avant d'aller à sa rencontre, il se saisit donc de son arme, un pistolet de calibre 9 mm, qu'il cache dans son dos. Mais le braqueur dégaine : un pistolet gomme cogne, dissimulé dans un sac en plastique. L'arme n'est pas chargée. Mais elle avait "l'apparence d'une arme létale", précise le procureur.

S'ensuit "un corps à corps" au cours duquel le braqueur "pointe l'arme [le gomme cogne] au niveau du visage [du bijoutier] et pousse le commerçant dans le fond du magasin". Ce dernier tire quatre fois sur son agresseur. Indiquant qu'aucune piste n'était privilégiée pour le moment, le procureur a évoqué "une attaque d'une certaine ampleur". Toutefois, seule "l'enquête déterminera s’il était en état de légitime défense."

Sur le braqueur

Mortellement touché, l'homme tente de s'enfuir mais s'effondre sur le trottoir devant la boutique, où il succombe à ses blessures vers 17h30. Juste avant, il aurait déclaré à un passant : "On était trois, on vient du 94", le Val-de-Marne.

Le malfaiteur était âgé de 36 ans. Multirécidiviste, il avait été condamné à dix reprises, dont deux fois devant une cour d'assises pour vol avec arme et avait purgé toutes ses peines, a poursuivi le procureur.

FRANCE 3

Sur le bijoutier 

Déjà braqué à quatre reprises, selon les déclarations de son épouse, le bijoutier détient un permis de port d'arme et s'entraîne régulièrement au tir. Entendue comme témoin par les enquêteurs, sa femme a confirmé un braquage en août 2012. C'est d'ailleurs à la demande de l'assurance que le couple avait fait installer récemment un dispositif de vidéosurveillance 

Toujours gardé à vue, "il est en état de choc", a indiqué Christian de Rocquigny. "Il reconnaît qu'il a ouvert le feu sur ce soi-disant client", précise-t-il.

Sur l'enquête 

"Un ou deux complices" qui attendaient devant la boutique, dans une voiture garée en double file, sont activement recherchés par les gendarmes de la section de recherches de Reims. Ils ont déclenché le plan Epervier, a indiqué le parquet. Ils disposent notamment du signalement du véhicule et ont lancé un appel à témoins.

Il concerne également des faits survenus jeudi en début d'après-midi à Vitry-le-François et qui présentent des "similitudes" avec l'attaque de Sézanne, selon le procureur.

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