Le bijoutier niçois qui a tué un braqueur condamné à cinq ans de prison avec sursis

Stéphane Turk comparaît devant la cour d\'assises des Alpes-Maritimes, à Nice le 28 mai 2018.
Stéphane Turk comparaît devant la cour d'assises des Alpes-Maritimes, à Nice le 28 mai 2018. (MAXPPP)

Le verdict est identique à la réquisition de l'avocate générale qui avait demandé une peine de cinq ans de prison avec sursis.

Alors que Stéphane Turk a plaidé la légitime défense, le bijoutier niçois qui a tué en 2013 un jeune braqueur qui prenait la fuite après l'avoir dévalisé a été condamné à cinq ans de prison avec sursis, jeudi 31 mai. Après trois heures de délibération, les jurés ont décidé de reconnaître coupable Stéphane Turk de "violence volontaire avec arme" et non pas d'"homicide volontaire". La légitime défense n'a donc pas été retenue.

La cour d'assises des Alpes-Maritimes a rendu une décision et a en même temps envoyé un message très fort : il n'y a pas de légitime défense dans ce dossier.Philippe Soussi
avocat de proches du jeune braqueur
à franceinfo

Philippe Soussi est l'avocat de proches du jeune braqueur tué. Il a expliqué, jeudi soir sur franceinfo, retenir "qu'on a fait de ce dossier, depuis 5 ans, le symbole de la légitime défense". Il a estimé avoir été "très inaudible sur ce point". Philippe Soussi a également déclaré que "dans une société civilisée, il n'y a pas de place pour la vengeance privée, l'auto-défense ou la légitime défense des biens".

Cinq ans avec sursis avaient été requis

L'avocate générale avait requis une peine de cinq ans de prison avec sursis, plus tôt dans la journée. Carole Chassain avait déclaré qu'"au moment où il prend son arme, il n'y a plus de danger pour lui, l'agression est terminée." Elle avait aussi estimé, dans son réquisitoire, qu'"on a beaucoup dit que c'était le procès de la légitime défense, ce n'est pas vrai, il n'y a pas d'autre solution que d'écarter la légitime défense."

Toutefois, la magistrate avait estimé que le vol avec arme dont venait d'être victime l'accusé constituait "une circonstance atténuante". "Ce n'est pas un meurtre de sang-froid", a-t-elle expliqué.