Avant le faux colonel de la Légion, quatre imposteurs qui ont marqué l'histoire récente

Philippe Berre (C), dont le visage est camouflé par la main de son avocat, devant le tribunal correctionnel de La Rochelle (Charente-Maritime), le 5 avril 2012.
Philippe Berre (C), dont le visage est camouflé par la main de son avocat, devant le tribunal correctionnel de La Rochelle (Charente-Maritime), le 5 avril 2012. (XAVIER LEOTY / AFP)

Un sexagénaire de l'île d'Oléron se faisait passer pour un ancien colonel de la Légion étrangère pour assister aux cérémonies militaires. Il a été placé en garde à vue le 14 janvier. Retour sur quatre histoires d'imposteurs. 

Pendant plusieurs années, Aramis de Saint-Gilles Roulin s'est présenté comme colonel de la Légion étrangère pour assister à des cérémonies militaires. Sauf qu'il ne s'appelait pas Aramis de Saint-Gilles Roulin et n'avait jamais fait partie de l'armée. Cet habitant de l'île d'Oléron a été placé en garde à vue, le 14 janvier. Ce sexagénaire n'est pas le premier à avoir réussi à tromper son monde. Francetv info vous raconte l'histoire de quatre usurpateurs qui ont su se fondre dans leur personnage. 

"Philippe Gaillard", directeur d'aéroport au CV gonflé

Il est recruté en novembre 2011. A 44 ans, celui qui se présente sous le nom de Philippe Gaillard semble tout à fait correspondre au poste de directeur de l'aéroport international de Limoges, en Haute-Vienne. Diplôme d'ingénieur de la navigation aérienne, passé militaire de pilote de chasse professionnel dans l'armée de l'air, l'homme présente alors le CV parfait. 

Tout est pourtant falsifié. Jusqu'à son casier judiciaire, présenté comme vierge. Les gendarmes finissent par découvrir des condamnations pour des dégradations de biens par incendie, des affaires de faux et usage de faux, d'escroquerie, de vols ou encore d'abus de confiance. En 1998, l'homme, qui s'appelle en réalité Jean-Philippe Gaillard, s'est même fait passer pour un policier. Quelques mois après son embauche à l'aéroport, il est donc remercié, en février 2012.

Jean-Claude Romand, faux médecin à l'OMS

Il se présentait comme un respectable médecin travaillant à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), à Genève. Pendant dix-huit ans, Jean-Claude Romand a su maintenir l'illusion. A 39 ans pourtant, en janvier 1993, l'homme se retrouve pris à son propre piège. Endetté, il finit par assassiner sa famille.

Il tue tout d'abord sa femme à coups de rouleau à pâtisserie, puis ses deux enfants à la carabine dans leur ferme de l'Ain, comme le raconte Le Point. Il exécute ensuite ses parents et tente d'éliminer son ancienne maîtresse. L'homme est par la suite emprisonné. En plus d'être un meurtrier, il n'avait jamais été médecin, puisqu'il avait arrêté ses études en deuxième année, à la faculté de Lyon.

Philippe Berre, dans la peau d'un chef de chantier

Ingénieur, employeur, garde forestier, technicien, Philippe Berre est un habitué de l'escroquerie. Il a d'ailleurs été à de nombreuses reprises condamné par la justice. En 2010, l'homme se reforge encore une identité. Après les dégâts provoqués par la tempête Xynthia, Philippe Berre se rend dans une des zones les plus touchées. "Il [débarque] le 4 mars à Charron (Charente-Maritime) au volant d'un 4x4 volé siglé de l'Office national des forêts", raconte Le Parisien.

L'homme se présente alors sous le pseudonyme de Philippe Lebert et affirme être envoyé par le ministère de l'Agriculture. Affirmant vouloir venir à la rescousse des habitants sinistrés, Philippe Berre engage alors pour 60 000 euros de dépenses. Pris d'un doute, le maire fait ses recherches. Bilan pour l'imposteur : cinq ans de prison. 

Abdelkarim Serhani, prince saoudien, financier, étudiant, assureur… 

Abdelkarim Serhani débute en 2008, en se présentant comme un prince saoudien à Anvers, en Belgique. Très bien accueilli, on lui offre alors une suite pendant plusieurs nuits. Il reste dans la peau de son personnage pendant plusieurs mois. Lors d'un entretien avec La Voix du Nord, il "s'amuse et annonce qu'il a fait beaucoup d'autres impostures du genre : financier, assureur, fils d'ambassadeur et aussi élève de cinquième année de médecine", raconte le journal. 

Peu après, il reproduit le même schéma en Australie, où il séjourne pendant près de trois semaines sur le repaire de milliardaires Hamilton Island. Suite, hélicoptère, yacht, tout est mis à sa disposition. Le "faux prince" réussit ensuite à s'enfuir. "Ce gamin du quartier de la Bourgogne à Tourcoing, abandonné par ses parents, peine à savoir qui il est et où il va", analyse alors La Voix du Nord