Attaque du commissariat de la Goutte-d'Or : dans quels pays était connu l'assaillant ?

Des policiers devant le commissariat de la Goutte-d\'Or, dans le 18e arrondissement parisien, le 7 janvier 2016.
Des policiers devant le commissariat de la Goutte-d'Or, dans le 18e arrondissement parisien, le 7 janvier 2016. (CITIZENSIDE/PATRICE PIERROT / AFP)

Tarek Belgacem était connu des services de police français, allemands et luxembourgeois.

L'étrange odyssée de Tarek Belgacem intrigue les enquêteurs français. L'assaillant du commissariat de la Goutte-d'Or à Paris, abattu jeudi 7 janvier alors qu'il voulait pénétrer dans les locaux de la police muni d'un couteau de boucher, avait visiblement été repéré par les services de police de plusieurs pays. 

"Ce que nous savons aujourd'hui", c'est "qu'il est sans doute d'origine tunisienne, que son nom serait Tarek Belgacem et qu'il aurait séjourné dans plusieurs pays de l'Union européenne, le Luxembourg, la Suisse, l'Allemagne", a expliqué Bernard Cazeneuve lors du "Grand Rendez-Vous Europe 1-Le Monde-i>Télé", dimanche. Voici les traces que l'homme a laissées dans les pays où il est passé.

Né en Tunisie

La Tunisie a confirmé au Figaro lundi que les empreintes de l'homme étaient bien celles de Tarik Belgacem, né en 1991. "Sa mère, qui vit en Tunisie, a expliqué que son fils l'avait appelée en début de semaine et avait demandé des actes de naissance, poursuit le journal. Elle est persuadée qu'il n'a jamais voulu attaquer le commissariat, même armé d'un hachoir et d'explosifs factices. Selon elle, il s'est rendu là-bas 'pour son passeport'."

Repéré en France dans une affaire de vol

Tarek Belgacem avait été mis en cause en 2013 dans une affaire de vol en réunion à Sainte-Maxime (Var). Ses empreintes avaient alors été prélevées et l'homme avait déclaré aux gendarmes s'appeler Sallah Ali. Il se présentait comme un sans-abri, né en 1995 à Casablanca, au Maroc.

Délinquant et demandeur d'asile en Allemagne

Tarek Belgacem serait venu en Allemagne pour la première fois en 2013, après être resté cinq années en France, selon l'agence allemande DPA qui cite le directeur de la police judiciaire de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Uwe Jacob. L'homme vivait "dans un foyer de demandeurs d'asile" à Recklingshausen, dans la Ruhr (ouest du pays). Selon l'hebdomadaire allemand Welt am Sonntag cité par Le Figaro, "l'homme aurait peint un symbole de l'EI sur un mur du foyer de Recklingshausen. Le magazine Spiegel dit qu'il aurait posé dans le centre avec un drapeau de l'organisation, ce qui aurait amené les autorités locales à le classer comme potentiellement dangereux".

Le Parisien souligne que Tarek Belgacem était connu des enquêteurs allemands. Selon Uwe Jacob, le jeune homme avait "perpétré une série d'infractions, notamment dans des affaires de drogue, de coups et blessures ou de non-respect de la législation sur les armes. Il avait même été emprisonné un mois." Et le journal de poursuivre : "Sur place, il était connu sous sept identités différentes, se présentant parfois comme syrien, marocain ou géorgien. Selon la presse germanique, il avait ainsi déposé sa demande d'asile sous le nom de Walid Salihi." 

Connu de la police luxembourgeoise

La justice luxembourgeoise a signalé lundi que les empreintes de Tarek Belgacem "correspondent à celles d'une personne soupçonnée d'avoir participé le 16 octobre 2013 à un vol avec violence (arrachage d'un sac à main) en tant que complice". L'enquête au Luxembourg n'avait cependant pas permis d'établir la culpabilité de cet homme.

A la lumière de ces faits, les autorités luxembourgeoises ont indiqué lundi qu'elles avaient lancé de nouvelles investigations "sur le lieu de séjour et l'identité" de l'homme dans leur pays. Selon une source judiciaire luxembourgeoise, le nom sous lequel il s'était identifié en 2013 à Luxembourg n'était pas Tarek Belgacem, mais Mohammed Salah.

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