La police des polices saisie au sujet d'une autre interpellation violente à Aulnay-sous-Bois, trois jours avant celle de Théo

Des policiers montent la garde devant le commissariat d\'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), lors d\'une manifestation au sujet de l\'affaire Théo, le 6 février 2017.
Des policiers montent la garde devant le commissariat d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), lors d'une manifestation au sujet de l'affaire Théo, le 6 février 2017. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Djamel, un animateur municipal, affirme avoir été insulté et frappé par trois policiers de la BAC, à qui il avait coupé la route en voiture.

Le parquet de Bobigny a saisi l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), mercredi 22 février, au des affirmations d'un agent municipal d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), qui dit avoir subi une violente interpellation le 30 janvier, trois jours avant celle de Théo dans la même ville. Son témoignage avait été publié par Libération dans son édition de mercredi.

Djamel, père de famille de 34 ans, affirme avoir été insulté et frappé par trois policiers de la brigade anticriminalité (BAC) d'Aulnay-Sous-Bois. Selon son récit, il était au volant quand il a dû "piler", coupant involontairement la route à un véhicule de police banalisé, dans lequel se trouvaient quatre agents de la BAC lancés dans une course-poursuite.

Cinq jours d'interruption temporaire du travail

"Bouge de là, fils de pute", a lancé l'un d'entre eux selon l'agent municipal. Le ton serait monté quand ce dernier a demandé des excuses et est sorti de son véhicule, tout comme deux policiers. Djamel est alors saisi au niveau du cou. "J'ai cru que j'allais mourir, je n'arrivais plus du tout à respirer", raconte-t-il à Libération. Un passant a filmé cette scène, une vidéo consultée par le journal et qui confirme cette version.

Il est ensuite menotté et placé dans le véhicule des policiers. "Je leur ai expliqué que je travaille à la ville (...), que je vais en parler au maire", raconte-t-il. Les policiers le relâchent.

L'animateur s'est vu prescrire cinq jours d'interruption temporaire de travail. Il affirme avoir voulu déposer plainte aux commissariats d'Aulnay puis de Villepinte, des plaintes toutes deux refusées.

L'IGPN déjà saisie de deux autres interpellations à Aulnay

Cette interpellation s'est produite trois jours avant celle de Théo, un jeune homme de 22 ans. Quatre policiers appartenant, cette fois, à la BST d'Aulnay-sous-Bois, ont été mis en examen pour des violences, et l'un d'eux pour un viol, au sujet de cette interpellation. L'IGPN, saisie de cette affaire, a déjà rendu des premières conclusions très contestées.

Un troisième homme, Mohamed K, avait raconté avoir été passé à tabac par des policiers une semaine avant l'interpellation de Théo, toujours à Aulnay. Son témoignage met en cause plusieurs policiers impliqués dans l'arrestation de Théo. L'IGPN a été saisie de ce cas par le ministère de l'Intérieur et le parquet de Bobigny.