Aulnay-sous-Bois : des habitants appellent au calme, mais aussi au respect des jeunes de la cité

C\'est à cet endroit de la cité des 3 000, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), que Théo, 22 ans, a été blessé par quatre policiers, jeudi 2 février 2017.
C'est à cet endroit de la cité des 3 000, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), que Théo, 22 ans, a été blessé par quatre policiers, jeudi 2 février 2017. (MAXPPP)

Pour la troisième nuit consécutive, des incidents ont éclaté à Aulnay-sous-Bois. Ils font suite à l'interpellation violente d'un jeune homme la semaine dernière. Mardi, des habitants appellent au calme mais déplorent le comportement de la police vis-à-vis des jeunes.     

Pour la troisième nuit consécutive, des incidents ont éclaté à Aulnay-sous-Bois. Ils font suite à l'interpellation violente, la semaine dernière, de Théo, un jeune homme de 22 ans, pour laquelle quatre policiers sont mis en examen, dont un pour viol. Des habitants aspirent au calme, mardi 7 février, mais demandent aussi davantage de considération de la part de la police. 

Du respect réclamé par les habitants

Les riverains sont au marché, comme d’ordinaire le mardi. Samia vérifie que sa voiture ne fait pas partie de la dizaine de véhicules brûlés et elle part faire ses courses. "La violence, dit-elle, ce n’est pas une solution. Ça fait de la peine, ce qui s’est passé pour le jeune [Théo], mais il faut du calme." Toutefois, Samia reproche aux policiers leur comportement auprès des jeunes, quand ils s'adressent à eux "avec violence". Cette mère de famille cite l'exemple de son fils, "sérieux, qui travaille à Air France". Il était stationné, raconte Samia : "Ils lui ont dit 'dégage, dégage !' Pourquoi ? C’est un animal ?"

Samia espère que la nuit prochaine sera moins agitée et que l’hélicoptère des forces de l’ordre n’aura pas à survoler le quartier. Mardi après-midi, des médiateurs et des éducateurs vont tenter à nouveau de calmer la situation. Un collectif de mères de famille du quartier devait aussi être reçu au commissariat, situé à deux pas de l’appartement du jeune Théo, toujours hospitalisé.

Des "troubles", mais pas d'"émeutes"

Un fast-food et un restaurant chinois ont leurs vitres brisées, une carcasse de voiture calcinée reste en plan sur la chaussée, les forces de l’ordre ont répliqué à des jets de projectiles par des tirs de sommation. Le maire d’Aulnay-sous-Bois, Bruno Beschizza, reconnaît qu’il y a eu des "troubles" mais il ne veut pas qu’on parle d’"émeutes". Selon l’élu Les Républicains (LR), ces incidents sont le fait de jeunes extérieurs à sa commune. Le maire appelle au calme, comme la plupart des habitants de la cité redevenue tranquille.

Aulnay-sous-Bois, dans le quartier des 3000, mardi 7 janvier au matin.
Aulnay-sous-Bois, dans le quartier des 3000, mardi 7 janvier au matin. (MATHILDE LEMAIRE / RADIO FRANCE)

Aulnay-sous-Bois : des habitants appellent au calme, mais aussi au respect des jeunes de la cité - un reportage de Mathilde Lemaire
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