Argenteuil : ce que l'on sait de la mort d'un enfant de 5 ans lors d'un accident d'ascenseur dans un centre commercial

Un enfant de cinq est mort le 8 juin 2018 dans un ascenseur du centre commercial Côté Seine, à Argenteuil (Val-d\'Oise). Ici photographié en octobre 2017.
Un enfant de cinq est mort le 8 juin 2018 dans un ascenseur du centre commercial Côté Seine, à Argenteuil (Val-d'Oise). Ici photographié en octobre 2017. (Capture écran / Google street view)

Les témoins du drame, qui a eu lieu vendredi dans cette ville du Val-d'Oise, sont auditionnés par la police, dimanche. Une enquête préliminaire pour homicide involontaire a été ouverte.

Les témoins se disent "très choqués". La mort d'un enfant de 5 ans dans un accident d'ascenseur, vendredi 8 juin à Argenteuil (Val-d'Oise), continue de susciter l'émotion mais aussi l'incompréhension. Une enquête a d'ailleurs été ouverte et confiée à un juge d'instruction pour déterminer les causes du drame et plusieurs témoins sont entendus, dimanche. Franceinfo fait le point sur les circonstances de cet accident.

Que s'est-il passé ?

Il est 18h40, vendredi 8 juin, lorsque qu'une mère, accompagnée de sa sœur et de ses quatre enfants, font leurs courses dans le centre commercial Côté Seine à Argenteuil (Val d'Oise). Le groupe se rend au premier étage et prend l'ascenseur. L'enfant s'apprête à franchir le seuil de la cabine, mais l'appareil s'effondre. La cabine tombe d'environ deux mètres, selon Le Parisien alors qu'il n'a pas encore complètement franchi le seuil de l'appareil. Le petit garçon, âgé de 5 ans, se retrouve coincé au niveau du thorax et meurt sur le coup, rapporte LCI. Les secours, arrivés sur place, n'ont rien pu faire.

"Trois ou quatre personnes" se trouvaient par ailleurs encore dans la cabine au moment de la chute, rapporte Le Parisien. L'ascenseur étant équipé de vitres transparentes, de nombreux témoins assistent aussi à l'horreur. "On a entendu des hurlements, les gens passaient avec des enfants", raconte Yasmine, commerçante, à LCI. C'est l'heure d'affluence dans le centre commercial. D'après cette témoin de l'accident, les cris ont fait croire aux passants qu'il s'agissait d'une attaque d'un "tireur armé". Yasmine fait alors "rentrer les gens dans la pharmacie", ferme le store, avant d'être invitée à évacuer.

"C'était choquant, très choquant", souffle-t-elle à LCI. Un millier de personnes sont évacuées et une cellule d'urgence médico-psychologique est mise en place. Le centre reste fermé tout le week-end, et rouvrira lundi, selon Le Parisien, qui précise que l'ascenseur sera dissimulé par un coffrage.

Où en est l'enquête ?

Au lendemain du drame, une enquête préliminaire pour homicide involontaire a été ouverte. Elle a été confiée à un juge d'instruction, dimanche, tandis a sûreté départementale du Val-d'Oise a commencé dimanche à entendre les témoins. Dès lors, les questions se posent sur les raisons de l'accident. Selon la préfecture du Val-d'Oise, contactée par franceinfo, l'enquête doit déterminer si l'ascenseur en question était bien conforme. Le centre commercial avait récemment fait l'objet d'une visite de la commission de sécurité et aucune anomalie n'avait été détectée. L'enquête doit désormais s'assurer que l'ascenseur a bien été concerné par cette visite "globale".

Concernant les pistes qui expliquent le mouvement de l'ascenseur : "La seule explication plausible, répond François Guiauchain, président de la Fédération des indépendants experts et des bureaux de contrôles des ascenseurs (Fiebca), c'est que ce soit un appareil hydraulique, puisque naturellement il va redescendre vers le bas s'il y a un problème de pression hydraulique." Ces ascenseurs "sont déplacés par un vérin hydraulique dans lequel on envoie de l'huile sous pression", précise-t-il, alors qu'un appareil électrique "a un contrepoids".

Quelle est la réaction de la société d'ascenseur ?

L'entreprise Schindler, qui assure la maintenance de l'ascenseur qui a chuté, assure qu'elle "coopère pleinement avec les autorités afin d'établir les raisons de l'accident, dont les causes ne sont pas encore connues à ce stade", dans un communiqué publié samedi. Elle exprime "sa plus profonde tristesse devant le décès du jeune garçon et son état de choc face à cet accident".

Emmanuel Paris, l'un des directeurs régionaux de Thyssen Krupp, a confirmé à l'AFP ne plus être chargé de la maintenance de l'appareil mais d'en être le fabricant. "Nous nous tenons à la disposition des enquêteurs pour donner toute information nécessaire, a-t-il déclaré à l'AFP. Jusqu'à présent, personne ne nous a rien demandé."

Existe-t-il des précédents ?

"En France, les accidents mortels sont très rares", précise François Guiauchain, président de la Fiebca, au ParisienAu moins 45 personnes sont mortes en France depuis 2001, ajoute le quotidien. L'un des derniers drames en date a eu lieu en octobre 2015 au Val-Fourré. Dans ce quartier populaire de Mantes-la-Jolie (Yvelines), un garçon de 7 ans était mort, le cou coincé par sa trottinette dans la cabine d'ascenseur de son immeuble.

Il y aurait en France 560 000 ascenseurs, rapporte France Inter, dont 50% ont plus de 25 ans. En 2003, la loi Robien a rendu obligatoire un contrôle technique tous les cinq ans par un organisme indépendant, rappelle Le Parisien. D'après la loi Robien, toutes les copropriétés devront avoir rénové leurs ascenseurs d'ici le 3 juillet 2018, en installant notamment un système de contrôle de l'arrêt et du maintien à niveau de la cabine à chaque étage. En France, le risque d'être confronté à un incident dans un ascenseur est de 1 sur 11,8 millions de trajets.

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