Agression dans une prison de l'Orne : que sont les unités de vie familiale où Michaël Chiolo se trouvait avec sa compagne ?

La prison de Condé-sur-Sarthe (Orne), au lendemain de l\'agression de deux surveillants, le 6 mars 2019.
La prison de Condé-sur-Sarthe (Orne), au lendemain de l'agression de deux surveillants, le 6 mars 2019. (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

Les premières unités de vie familiale ont ouvert leurs portes en 2003 au centre pénitentiaire pour femmes de Rennes. Cinquante établissements en possèdent.

C'est là où s'est déroulée la violente agression de deux surveillants, mardi 5 mars, à la prison de Condé-sur-Sarthe (Orne). Après s'en être pris aux deux agents, Michaël Chiolo et sa femme se sont retranchés pendant près de dix heures au sein de l'unité de vie familiale (UVF) de l'établissement pénitentier. Une unité du Raid a finalement donné l'assaut dans la soirée. Mais en quoi consistent ces unités de vie familiale ? Franceinfo vous explique. 

Des unités créées en 2003

Depuis 2003, certaines prisons sont équipées d'unités de vie familiale (UVF). Aujourd'hui cinquante établissements pénitentiers, sur les 188 existants en France, en possèdent, signale le ministère de la Justice.

"L'unité est conçue pour favoriser la responsabilisation de la personne détenue dans l'accueil de ses visiteurs au regard, notamment, des conditions de restauration", précise le site du ministère. Les détenus doivent provisionner leur compte pour nourrir leurs visiteurs, en achetant tout en prison, détaille LibérationLes premières unités de vie familiale ont ouvert leurs portes en 2003 au centre pénitentiaire pour femmes de Rennes.

Des accès sous conditions

"L'accès à l'UVF fait l'objet d'une double demande écrite émanant l'une du détenu, l'autre de la (ou des) personne(s) qui souhaite(nt) le visiter" , précise un bulletin officiel du ministère de la Justice. Puis plusieurs entretiens préalables sont menés par un personnel d'insertion et de probation du SPIP, avec la personne détenue mais aussi avec les visiteurs. Ensuite, le chef d'établissement autorise ou refuse ces UVF, sur recommandation de la commission pluridisciplinaire unique (CPU).

Selon les informations du Parisien, Michaël Chiolo, avait déjà eu droit à plusieurs UVF. Et jusqu'à présent elles s'étaient bien déroulées. Sa compagne, elle, bénéficiait d'un permis de visite délivré par le même chef d'établissement, poursuit le quotidien.

Des appartements reconstitués

Il s'agit de logements meublés de deux ou trois pièces, de 50 à 80 m². "Les lieux doivent être conçus de telle sorte qu'ils soient comparables à un logement d'habitation. Ils doivent être adaptés à la présence d'enfants en bas âge et pourvus d'espaces ouverts sur l'extérieur", précise l'administration. "L'intérieur, il faut se l'imaginer comme un appartement témoin, explique une détenue à Mediapart. Avec tout le nécessaire – TV, lecteur DVD, frigo, plaque chauffante, mais sans vie."

A Condé-sur-Sarthe, quatre unités de vie familiale (UVF), avec entrée par une cour végétalisée et salle de séjour aménagée, ont été conçues pour permettre aux familles de se retrouver plus longtemps et dans un cadre plus chaleureux qu'au parloir.

Des durées limitées et des contrôles réguliers

Les détenus peuvent y passer de 6 à 72 heures avec leurs proches. "La première visite en UVF dure six heures. Cette durée peut augmenter progressivement avec des tranches intermédiaires de 24 et 48 heures", précise l'Observatoire international des prisons (OIP) dans Mediapart

"Il y a des contrôles régulièrement, à des heures définies pour voir si tout se passe bien au sein de ces unités de vie", détaille Damien Pellen, le premier secrétaire du syndicat national des directeurs pénitentiaires. "On a trois contrôles dans la journée, donc là on est obligés d'intervenir au sein de l'UVF, en ayant au préalable averti qu'on allait venir, mais en aucun cas on doit intervenir en dehors de ces contrôles, sauf force majeure", précise un surveillant interrogé par M6.

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