Prison de Condé-sur-Sarthe : le ministère de la Justice assure que "des bombes incapacitantes" avaient été livrées, les syndicats disent n'avoir rien vu

Des policiers devant le centre pénitentiaire lors de la prise d\'otages.
Des policiers devant le centre pénitentiaire lors de la prise d'otages. (DELPHINE LE NORMAND / MAXPPP)

Le porte-parole du ministère de la Justice assure qu'"énormément de choses" avaient été faites après une première prise d'otages, le 5 mars. Les syndicats estiment que celle qui a lieu mardi "n'aurait jamais dû arriver".

Une nouvelle prise d'otages a eu lieu mardi 11 juin à la prison de Condé-sur-Sarthe (Orne), après celle qui a eu lieu le 5 mars. Mercredi, Youssef Badr, porte-parole du ministère de la Justice, assure pourtant sur franceinfo qu'"énormément de choses ont été faites"  depuis l'incident du 5 mars. Il avance "des fouilles générales de l'établissement à la réouverture, le soutien des équipes régionales d'intervention et de sécurité (Eris) jusqu'au 21 avril"  Youssef Badr assure que "des bâtons télescopiques", des menottes et des "dotations individuelles" ont été livrés à Condé-sur-Sarthe. "Des bombes incapacitantes ont été données aux officiers et aux gradés, des gilets pare-lames ont été livrés à la direction interrégionale la semaine dernière". "Evidemment, le risque zéro n'existe pas mais la ministre de la Justice est mobilisée."

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Les syndicats ne partagent pas cette analyse. "On est en colère. Il ne s'est pas passé grand chose depuis trois mois", regrette Emmanuel Guimaraes, de FO pénitentiaire. Selon lui, le matériel promis n'a pas au rendez-vous. "L'administration s'était engagée à nous fournir des bombes incapacitantes pour nous défendre, à la place d'un vulgaire sifflet. Aujourd'hui, on ne les a pas, dénonce-t-il. L'administration s'était aussi engagée à expérimenter des pistolets à implusion électrique. On ne les a jamais vus. Ce qui s'est passé n'aurait jamais dû arriver."

Mardi soir, Francis Dorffer a retenu deux surveillants avant de se rendre, sans faire de blessés. Le 5 mars, un autre détenu, Michael Chiolo, avait poignardé deux surveillants avec un couteau en céramique

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